Alors que Ghaza continue de compter ses morts : Nouvelle charge de l’’Afrique du Sud pour faire respecter les décisions de la CIJ
Pretoria a officiellement accusé l’entité de défier trois ordonnances contraignantes de la Cour internationale de Justice dans un dossier de preuves déposé cette semaine, tandis que le bilan de l’agression sioniste contre la bande de Ghaza a atteint samedi 73 449 martyrs et 174 472 blessés, en majorité des femmes et des enfants. Le ministère sud-africain des Relations internationales et de la Coopération a annoncé vendredi que son pays continuerait d’emprunter toutes les voies disponibles afin d’obtenir le respect total et immédiat par Tel-Aviv de la Convention sur le génocide. Le document soumis à la juridiction onusienne affirme sans détour que l’occupation israélienne ne s’est pas conformé aux trois décisions rendues par la Cour les 26 janvier, 28 mars et 24 mai 2024, lesquelles exigeaient notamment l’arrêt des opérations militaires à Rafah et la mise en place de mesures de protection contre les actes génocidaires.
Pretoria met en garde contre le fait que les droits du peuple palestinien à Ghaza risquent d’être anéantis avant même que la Cour ne rende sa décision finale, une situation que le gouvernement sud-africain juge menaçante pour la crédibilité de l’institution judiciaire elle-même. Le dossier précise qu’en août plus de 10% de la population palestinienne de l’enclave avait déjà été tuée ou blessée. Il ajoute que depuis l’annonce d’un prétendu cessez-le-feu l’armée d’occupation a continué à tuer en moyenne un enfant palestinien chaque jour, tandis que le taux de fausses couches chez les femmes palestiniennes a plus que triplé au cours de l’année en cours.
L’accusation sud-africaine évoque également des détentions et des expulsions arbitraires de Palestiniens soumis ensuite à la torture, à des violences sexuelles et à des traitements cruels et dégradants. Pour empêcher que ces crimes ne soient documentés, l’occupation a ciblé des journalistes locaux et bloqué l’accès de Ghaza aux organismes d’enquête mandatés par les Nations unies. Sur le terrain, les autorités sanitaires palestiniennes ont indiqué samedi que les corps de dix martyrs ainsi que dix-huit blessés avaient été transférés vers les hôpitaux de Ghaza au cours des dernières quarante huit heures, précisant que de nombreuses victimes se trouvent toujours sous les décombres. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, 1313 Palestiniens sont tombés en martyrs et 4361 autres ont été blessés, tandis que les corps de 815 martyrs ont pu être récupérés.
Parallèlement, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine a condamné samedi les mesures israéliennes visant son centre de formation de Qalandia, à Al Qods occupée, rappelant qu’il s’agit d’une installation onusienne gérée depuis plus de soixante dix ans et devant être respectée en vertu du droit international. L’agence a signalé des destructions ainsi que des intrusions ayant visé à dérober ses équipements, appelant le gouvernement israélien à mettre fin sans délai à ces agissements.
En Cisjordanie occupée, les violences des colons se sont poursuivies ce samedi. Des colons israéliens ont mené des incursions provocatrices dans la région de Khalayel Al Louz, au sud est de Bethléem, ciblant des terres agricoles dans le cadre d’une stratégie visant à contraindre les habitants à quitter leurs terres. À Qusra, au sud de Naplouse, des colons ont encerclé plusieurs jeunes dans une maison du secteur de Ras al Aïn sous la protection de l’armée d’occupation, provoquant des affrontements avec des habitants venus s’opposer à l’attaque. Trois maisons de ce même secteur restent assiégées depuis vingt et un jours consécutifs, la zone ayant été déclarée fermée par l’armée israélienne.
L.S.

