Industrie automobile : Hyundai annonce le lancement de son usine algérienne en 2027
Le constructeur sud-coréen Hyundai a confirmé, mercredi à Séoul, le lancement de sa future usine d’assemblage en Algérie entre la fin 2026 et le début 2027, dans le cadre d’un plan mondial visant à porter sa capacité de production à plus de 5,5 millions de véhicules par an d’ici 2030. C’est lors de la journée annuelle consacrée aux investisseurs, le Hyundai Investor Day, que le patron du groupe, José Muñoz, a détaillé cette feuille de route devant les partenaires financiers du constructeur. Selon les informations rapportées par le quotidien sud-coréen The Korea Herald, le groupe entend augmenter sa capacité de production mondiale de 1,27 million de véhicules supplémentaires, une progression qui s’appuiera notamment sur l’Amérique du Nord, l’Inde, l’Arabie saoudite, le Vietnam et l’Algérie.
Pour le site algérien, la capacité annoncée reste fixée à 50 000 véhicules par an, avec un catalogue de départ limité à cinq modèles, des SUV d’entrée de gamme et des utilitaires légers, avant un élargissement progressif vers des citadines puis vers des véhicules électriques. Le projet, porté conjointement avec le partenaire omanais Bahwan Saud, mobilise un investissement évalué à 400 millions de dollars et sera adossé au procédé d’assemblage CKD, qui suppose une ligne de peinture et une ligne de soudage installées localement.
Le choix du site s’est porté sur Sidi Khettab, dans la wilaya de Relizane, une zone industrielle qui avait auparavant servi à Sovac pour assembler plusieurs marques du groupe Volkswagen. La reconversion de cette usine illustre la volonté du constructeur coréen de s’appuyer sur des infrastructures existantes plutôt que de repartir d’un terrain vierge, à un moment où le foncier industriel demeure un point de friction. Le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, avait d’ailleurs reconnu en janvier dernier que les projets de Hyundai et de son compatriote Chery butaient sur cette question de disponibilité des terrains.
Au-delà du cas algérien, Hyundai place la région Moyen-Orient et Afrique du Nord au centre de sa stratégie de croissance, où le groupe se positionne déjà en deuxième place avec 8,4 % de parts de marché. Une unité tourne déjà en Égypte, une autre est en préparation en Arabie saoudite en association avec le fonds souverain du royaume, et l’Algérie doit désormais compléter ce triptyque. Cette expansion régionale s’inscrit dans un objectif mondial revu à la hausse, puisque Hyundai vise désormais 5,55 millions de véhicules vendus par an en 2030, contre 4,1 millions dans ses précédentes prévisions, avec une part de véhicules électrifiés portée à environ 60 % des ventes et plus de cent nouveaux modèles ou versions déployés d’ici la fin de la décennie.
Samir Benisid

