Tentative de mutinerie au Niger : Une opération tenue en échec
Un groupe de militaires a tenté, dans la nuit de vendredi à samedi, de prendre le contrôle de plusieurs sites sensibles de Niamey, séquestrant des camarades dans une caserne avant d’ouvrir le feu sur des points stratégiques de la capitale nigérienne. Les forces de défense et de sécurité ont fini par reprendre la main sur l’ensemble des installations visées, selon le ministère nigérien de la Défense.
Des tirs nourris et des explosions ont résonné dans plusieurs quartiers de Niamey dès les premières heures de samedi, à la suite d’une action menée par des soldats contre des sites sensibles de la capitale nigérienne, une tentative qui s’est soldée par un échec, rapporte l’agence nigérienne d’information. Selon un communiqué du ministère nigérien de la Défense, un groupe de militaires a séquestré, aux alentours de 00H20, d’autres soldats à l’intérieur de la base militaire 101, avant de diriger des tirs vers plusieurs sites névralgiques de la ville. Le document, signé du général de corps d’armée Salifou Moody, précise que « la réaction rapide des forces armées et des forces de sécurité a permis de contenir la situation et de reprendre graduellement le contrôle des sites » visés par les mutins.
Le ministère évoque une « mutinerie limitée », survenue aux abords de cette base stratégique jouxtant l’aéroport international Diori Hamani. L’intervention des forces loyalistes a permis, selon la même source, d’encercler le foyer de contestation et d’empêcher son extension avant d’en reprendre progressivement le contrôle. Les autorités ont dans la foulée appelé les habitants de Niamey à garder leur calme et à vaquer librement à leurs occupations.
La capitale nigérienne a ainsi traversé une nuit particulièrement agitée, prolongée jusqu’au samedi matin, marquée par d’intenses échanges de tirs et des explosions. Les violences se sont propagées jusqu’aux abords du palais présidentiel, de l’aéroport Diori Hamani et de la base aérienne 101, un point névralgique, dans ce qui constitue l’un des incidents sécuritaires les plus graves enregistrés récemment dans la capitale.
L’essentiel des affrontements s’est concentré autour de cette zone aéroportuaire et militaire, une infrastructure déjà visée à deux reprises cette année, une première fois en janvier par un groupe affilié à l’État islamique au Sahel, puis en juin par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, lié à Al-Qaïda. Des sources sécuritaires font état d’opérations de ratissage menées par les forces gouvernementales à la suite de ces événements, au cours desquelles plusieurs assaillants ont été neutralisés, tandis que d’autres seraient parvenus à prendre la fuite.
Lyes Saïdi

