Crise à la FIFA : L’étau se resserre sur Infantino
L’ancien président de l’UEFA, Michel Platini, a de nouveau vivement critiqué dimanche soir le président de la FIFA, Gianni Infantino, exigeant son départ et dénonçant une gouvernance du football mondial confisquée par des dirigeants coupés du terrain, dans un contexte de contestation grandissante autour de l’instance internationale. Invité sur le plateau du Canal Football Club, l’ancien numéro un du football européen a durci le ton envers celui qui fut pourtant son bras droit à l’UEFA, où Infantino occupait le poste de secrétaire général sous sa présidence. Une relation aujourd’hui rompue depuis que Platini a porté plainte contre le patron de la FIFA pour trafic d’influence, association de malfaiteurs en vue de commettre une dénonciation calomnieuse, et dénonciation calomnieuse. L’ancien international français n’a pas caché la nature de ses réserves de longue date à l’égard de son ex-collaborateur, confiant qu’il l’avait toujours vu comme quelqu’un attiré par l’argent et le pouvoir, tempéré autrefois par la présence d’un supérieur hiérarchique.
Au-delà du contentieux personnel, Platini a livré une réflexion plus large sur ce qu’est devenue la gouvernance du football, estimant que ses véritables figures ne siègent pas dans les bureaux des fédérations mais sur les terrains. Il a résumé sa pensée en assurant que le football reste avant tout une fête populaire incarnée par les matches, quand tout le reste relève de la politique et d’un microcosme de dirigeants qui se prennent pour les maîtres du jeu, alors que les vrais patrons du football sont selon lui des joueurs comme Mbappé, Zidane ou Maradona, contrairement à des bureaucrates grisés par la gloire et l’argent une fois arrivés au sommet. Concernant Infantino, le verdict de l’ancien Ballon d’Or a été sans ambiguïté, jugeant qu’il avait failli à sa mission de garant des règles du jeu et qu’il devait, en conséquence, quitter ses fonctions.
Cette sortie s’ajoute à une série de pressions qui s’accumulent contre le dirigeant italo-suisse. L’UEFA a récemment saisi trois tribunaux américains afin de rassembler des éléments de preuve en vue d’une action judiciaire devant la justice suisse. De son côté, la Fédération néerlandaise de football a proposé la tenue d’un sommet international à Amsterdam pour repenser en profondeur la gouvernance de la FIFA, sans y associer son président actuel, estimant que la confiance placée en lui lors de sa réélection en 2023 a aujourd’hui disparu.
Le malaise s’étend également au continent africain. L’ancien président de la Fédération congolaise de football et ex-membre du Conseil de la FIFA, Constant Omari, a appelé Infantino à démissionner ou à solliciter un vote de confiance, évoquant une crise de confiance interne liée notamment au projet contesté de création d’une société commerciale au sein de l’instance.
Dans le même temps, une révélation du quotidien britannique The Times a fait état d’un contrat de plus de deux millions de livres sterling conclu par la FIFA avec une agence de communication londonienne, chargée de protéger l’image du président et de l’organisation sur les réseaux sociaux. Une information supplémentaire qui alimente les critiques visant la gestion actuelle de l’instance mondiale du football, à six mois d’une échéance électorale qui s’annonce désormais bien plus incertaine que prévu.
R.S.

