La lutte contre la drogue et les incendies au menu du Haut Conseil de sécurité : Tolérance zéro !
Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a présidé mercredi une réunion du Haut Conseil de sécurité consacrée à la lutte contre la drogue, aux incendies qui ont frappé l’est et le centre du pays ainsi qu’à la situation générale dans la région. Les décisions arrêtées confirment la fermeté affichée par les plus hautes autorités face à des phénomènes désormais classés parmi les menaces à la sécurité nationale.
Le président de la République, chef suprême des Forces armées et ministre de la Défense nationale, Abdelmadjid Tebboune, a présidé mercredi une réunion du Haut Conseil de sécurité. Trois dossiers ont dominé les travaux, les incendies qui ont ravagé plusieurs wilayas de l’est et du centre du pays, la lutte contre le trafic de drogue et la situation générale dans le pays et dans les pays voisins, a indiqué un communiqué de la Présidence de la République.
Sur le dossier des incendies, un exposé a été présenté aux membres du Haut Conseil « sur le suivi de l’avancement des investigations sécuritaires et scientifiques rigoureuses, menées par la Gendarmerie et la Sûreté nationales », précise le communiqué, qui ajoute que les conclusions seront rendues publiques « lors d’une réunion conjointe » des deux corps de sécurité. La réunion s’inscrit dans le prolongement direct des orientations données par le président de la République lors du Conseil des ministres du 30 août dernier, où le chef de l’État avait exigé toute la lumière sur l’origine de ces sinistres qui ont endeuillé des familles et détruit des pans entiers du couvert forestier national et ordonné la révision du Code pénal pour la réinstauration de l’exécution effective de la peine de mort et son application aux pyromanes.
C’est dans cet esprit que le Haut Conseil de sécurité « a insisté sur la nécessité d’activer l’application de la peine de mort pour tout ce qui concerne ce type de crimes », selon le communiqué. Une formule qui ne laisse planer aucune ambiguïté sur la détermination des pouvoirs publics à sanctionner avec la dernière sévérité les auteurs d’incendies volontaires, désormais assimilés à des actes criminels contre la nation.
Une prison de haute sécurité dans le Sahara
Le volet drogue a occupé une place tout aussi centrale dans les travaux du Haut Conseil. Le phénomène, qui est devenu une menace stratégique visant la stabilité du pays et sa jeunesse. Le renforcement du cadre juridique engagé ces derniers mois, notamment à travers la loi modifiant et complétant la loi 04 18 relative à la prévention et à la répression du trafic illicite de drogues, avait déjà introduit des peines pouvant aller jusqu’à la condamnation à mort, en particulier lorsque l’infraction est commise par un groupe criminel organisé transnational visant à porter atteinte à la sécurité nationale.
Mercredi, le Haut Conseil a franchi une étape supplémentaire en décidant « de créer un organe sécuritaire spécialisé » dans la lutte antidrogue, « à l’instar de ce qui est en vigueur dans plusieurs pays, comme les États Unis d’Amérique », indique le communiqué, traduisant la volonté de doter le pays d’une architecture institutionnelle dédiée à la coordination des moyens judiciaires, sécuritaires et militaires mobilisés contre les réseaux de narcotrafiquants.
Le communiqué salue par ailleurs les efforts de l’Armée nationale populaire et des services de sécurité, dont les saisies régulières aux frontières attestent de la pression maintenue sur les filières d’approvisionnement. Dans la foulée, le Haut Conseil a arrêté une mesure à forte portée symbolique, celle de « transformer une caserne de l’ANP située dans le Grand Sahara à Tanezrouft en une prison de haute sécurité destinée aux barons de la drogue et à ses trafiquants », confirmant la logique de fermeté et d’isolement voulue par les autorités à l’égard des têtes de réseaux.
La réunion a enfin abordé, selon le communiqué, « la situation générale dans le pays et dans les pays voisins », confirmant que l’agenda sécuritaire de mercredi englobait aussi une lecture plus large de l’environnement régional, au regard de l’instabilité persistante notamment dans le Sahel.
Salim Amokrane

