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Lebbou prend ses fonctions à la tête du département des Finances : Relancer un chantier de réforme inachevé

Mohammed Lamine Lebbou a pris ses fonctions de ministre des Finances mercredi, succédant à Abdelkrim Bouzred dans le cadre du remaniement ministériel partiel opéré la veille par le président Abdelmadjid Tebboune, qui a également renouvelé les titulaires de l’Agriculture, du Travail et de la Communication. S’exprimant à cette occasion, M. Lebbou a adressé ses remerciements et fait part de sa gratitude au président de la République pour la confiance placée en sa personne, soulignant son engagement à poursuivre le processus de réformes financières, à renforcer les équilibres économiques, à rationaliser les dépenses publiques et à ancrer les principes de transparence et d’efficacité dans la gestion des deniers publics, en droite ligne avec les priorités de l’Etat, tout en veillant à la mise en œuvre effective de la loi de finances. Mais au-delà de la cérémonie protocolaire, tenue au siège du ministère en présence du directeur général des Douanes, le Général-Major Abdelhafid Bakhouche, c’est un dossier resté en souffrance sous plusieurs ministres successifs que le nouvel arrivant doit désormais faire aboutir.

Ce dossier, le chef de l’État l’a rappelé à intervalles réguliers ces derniers mois. La réforme du système bancaire national avance trop lentement à son goût, et la frilosité persistante des banques publiques à financer l’investissement privé continue de freiner l’économie. Lors de son dernier entretien périodique avec la presse nationale, le président de la République a de nouveau reproché aux établissements publics leur lenteur à accorder des crédits, rappelant avoir instruit l’ouverture du capital du CPA et de la BDL à des actionnaires privés pour changer l’approche du financement. Il a confié interroger régulièrement ses ministres des Finances sur l’état d’avancement de cette réforme, une insistance qui, jusqu’ici, ne s’est traduite que partiellement dans les faits.

En confiant le portefeuille à M. Lebbou, le président Tebboune mise sur un profil venu directement de la Banque d’Algérie. Nommé gouverneur en février dernier, à peine plus de six mois avant sa nomination aux Finances, l’universitaire d’Annaba y a maintenu le taux directeur à 2,50 % et le coefficient des réserves obligatoires à 1 %, dans la continuité de la politique assouplie fin 2025, tout en engageant une modernisation réglementaire du secteur. Sous son mandat, la Banque centrale a préparé une directive contraignante sur la connaissance du client (KYC), destinée à aligner les banques algériennes sur les standards internationaux de lutte contre le blanchiment et à capter les liquidités informelles vers les circuits officiels. Sa nomination fait de lui le troisième gouverneur de l’institut d’émission, après Mohamed Loukal et Aymen Benabderrahmane, à rejoindre le ministère des Finances depuis 2019, un aller-retour institutionnel qui illustre la centralité accordée à la stabilité monétaire dans la conduite des finances publiques, mais aussi la rotation soutenue à la tête de la Banque d’Algérie, appelée à connaître un sixième gouverneur en sept ans.

Samira Ghrib

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