Méga-ferme laitière d’Adrar : Baladna Algérie à la recherche de 1.000 talents
La méga-ferme laitière algéro-qatarie franchit une nouvelle étape avec le lancement d’une campagne nationale de recrutement, dont la première halte a rassemblé samedi de nombreux candidats à Adrar.
La caravane de prospection des compétences de la société « Baladna Algérie », portée par le projet intégré algéro-qatari de production de poudre de lait, a fait escale samedi à Adrar, première étape d’une tournée nationale destinée à recruter progressivement 1.000 collaborateurs d’ici 2027, dans les métiers de l’agriculture, de l’élevage laitier et de la production industrielle, a-t-on appris auprès des responsables de l’entreprise. L’initiative, baptisée « caravane nationale des talents », a suscité un engouement notable auprès du public local, en particulier des jeunes venus nombreux à l’hôtel Touat d’Adrar pour y déposer leur CV et passer des entretiens, sans inscription préalable. Dans son annonce, la société avait invité les candidats en promettant qu’« une aventure professionnelle démarre à Adrar : plus de 1.000 postes d’ici 2027, dans l’agriculture, l’élevage laitier et la production. Rejoignez-nous le 5 septembre, à l’Hôtel Touat, avec votre CV, sans inscription préalable. »
Cette démarche vise avant tout à constituer une base de données de ressources humaines couvrant les différents métiers du projet. L’opération s’inscrit dans une stratégie de développement du capital humain alors que le recrutement s’articule autour de trois volets principaux. Le premier concerne la production végétale et les activités de terrain qui lui sont liées ; le deuxième porte sur l’élevage bovin, la gestion du cheptel et la production laitière ; le troisième couvre les opérations de transformation industrielle, notamment la fabrication de la poudre de lait et les activités connexes.
La caravane se rendra prochainement à Constantine, puis à Oran et à Alger, les candidatures étant traitées en coordination avec les services de l’emploi, parallèlement à la montée en puissance du projet implanté à Adrar. Le recrutement, entamé samedi, s’échelonnera sur douze mois, au rythme des différentes phases de mise en exploitation de la ferme.
Cette campagne, la première de cette envergure dans la wilaya, constitue une bouffée d’oxygène pour une région où les opportunités d’emploi demeurent limitées. Elle marque aussi une étape clé d’un projet pharaonique censé permettre à l’Algérie de couvrir 50% de ses besoins nationaux en poudre de lait et de réduire d’autant les importations de ce produit de large consommation, subventionné par l’État.
Implantée sur 117.000 hectares à Adrar, la ferme intégrera l’ensemble de la chaîne de production laitière, depuis la culture fourragère jusqu’à la transformation du lait en poudre, en passant par l’élevage et la traite d’un cheptel appelé à atteindre 270.000 vaches laitières, pour une production visée de 1,7 milliard de litres de lait par an à pleine capacité.
Le projet, fruit d’un partenariat entre le groupe qatari Baladna (49%) et l’Algérie via le Fonds national d’investissement (51%), mobilise des investissements évalués à 3,5 milliards de dollars sur plusieurs années. Une première tranche de 500 millions de dollars a été engagée en 2025, suivie d’une deuxième enveloppe de 635 millions de dollars lancée en avril 2026.
Les travaux ont déjà connu plusieurs jalons avec la signature de l’accord-cadre avec le ministère de l’Agriculture en avril 2024, le lancement des opérations de forage, d’irrigation et de génie civil en 2025, signature d’un second lot de contrats en avril 2026, puis première récolte d’orge enregistrée à Tamest en mai dernier. L’arrivée du premier cheptel de vaches est attendue en novembre 2026, une opération pour laquelle Baladna Algérie prévoit un pont aérien inédit entre les États-Unis et Adrar afin d’acheminer quelque 30.000 vaches américaines, avant le démarrage de la première production commercialisée de lait, prévu fin 2027.
Sabrina Aziouez

