Port d’Annaba : Une nouvelle étape dans le projet de « port vert »
Une station dédiée au traitement des eaux de cale entre en service et renforce le dispositif environnemental de l’enceinte portuaire
Le port d’Annaba vient de renforcer son dispositif de protection du milieu marin avec la mise en service, mardi, d’une station destinée à la réception et au traitement des eaux de cale des navires. Installée au quai n° 05, cette nouvelle infrastructure vient répondre à un enjeu environnemental directement lié à l’intensification des activités maritimes, celui d’assurer une prise en charge maîtrisée des effluents produits par les navires et éviter que des rejets polluants ne se retrouvent dans le milieu marin. La mise en service de cette installation s’est déroulée sous la supervision du directeur général de la marine marchande et des ports, en présence du président-directeur général du groupe des services portuaires « SERPORT » et des différents acteurs intervenant dans l’activité portuaire. Le processus s’inscrit dans les orientations visant à moderniser les infrastructures portuaires tout en intégrant davantage les exigences environnementales dans leur fonctionnement.
Lorsqu’un navire fait escale et doit évacuer ses eaux de cale, celles-ci peuvent être transférées vers l’installation portuaire au lieu d’être rejetées directement dans le bassin portuaire ou en mer. Le principe consiste à récupérer ces effluents dans des conditions sécurisées, puis à les soumettre à un traitement permettant de séparer les différentes phases polluantes avant leur gestion conformément aux procédures applicables. Cette étape est particulièrement importante pour les eaux susceptibles de contenir des hydrocarbures. La réglementation internationale encadrant la prévention de la pollution par les navires repose notamment sur l’annexe « I » de la convention « MARPOL ».
Pour le port d’Annaba, l’entrée en exploitation de cette station permet ainsi de compléter la chaîne de gestion environnementale du trafic maritime. La logique est désormais de faire du port non seulement un espace de transit et de manutention des marchandises, mais également un lieu où les déchets et effluents générés par les navires sont pris en charge dans un cadre contrôlé. Le processus revêt une importance particulière dans une infrastructure qui accueille différents types de navires et qui constitue une porte d’entrée et de sortie majeure pour les échanges commerciaux de l’Est algérien. Plus le trafic maritime se développe, plus les ports sont appelés à adapter leurs moyens de réception et de traitement des déchets afin que la croissance de l’activité ne se traduise pas par une augmentation des risques environnementaux. Cette évolution rejoint également le concept de « port vert », devenu progressivement un axe important de la modernisation portuaire à l’échelle internationale. Cette orientation présente aussi une dimension économique. La performance environnementale est désormais étroitement liée à l’attractivité des infrastructures portuaires. Les opérateurs maritimes et les entreprises engagées dans le commerce international évoluent dans un environnement où les exigences relatives à la gestion des déchets, à la prévention des pollutions et à la conformité réglementaire prennent une place croissante. La mise en service de la station intervient, par ailleurs, dans un contexte où l’Organisation maritime internationale continue de renforcer l’attention portée aux installations de réception portuaires. Selon l’OMI, ces infrastructures doivent être en mesure de recevoir les différents types et volumes de déchets produits par les navires fréquentant normalement les ports, avec des procédures permettant d’éviter les retards et d’assurer une gestion écologiquement rationnelle des résidus. Le dispositif de réception ne constitue ainsi qu’un maillon d’une chaîne plus large. Dans cette perspective, la nouvelle station du port d’Annaba traduit une évolution dans la conception de la performance portuaire. La rapidité des opérations commerciales reste essentielle, mais elle doit désormais s’accompagner d’une gestion rigoureuse des impacts environnementaux. La protection du plan d’eau portuaire et du littoral devient ainsi une composante à part entière de la qualité du service offert aux navires. Pour l’Algérie, engagée dans le développement et la modernisation de ses infrastructures portuaires, l’enjeu consiste également à rapprocher progressivement les pratiques nationales des standards internationaux en matière de prévention des pollutions marines. À Annaba, la mise en service de cette station constitue une avancée concrète dans cette direction. Elle traduit surtout une nouvelle approche de l’activité portuaire et permet d’accompagner la croissance du trafic maritime tout en renforçant les dispositifs destinés à préserver le milieu marin.
Sofia Chahine

