Hydrogène, industrie et agriculture : L’Algérie courtisée par les entreprises européennes
En l’espace de deux semaines, l’Algérie s’apprête à recevoir coup sur coup trois délégations économiques venues d’Allemagne, d’Autriche et d’Italie. Hydrogène vert, industrie et agriculture, ce ballet diplomatico-économique traduit l’intérêt grandissant de plusieurs capitales européennes pour un marché algérien en quête de partenariats au-delà des hydrocarbures.
En l’espace de deux semaines, Alger va recevoir coup sur coup trois délégations économiques venues d’Allemagne, d’Autriche et d’Italie, portées par des dizaines d’entreprises désireuses d’explorer le marché algérien. De l’hydrogène vert aux machines agricoles en passant par l’industrie et les technologies environnementales, ce ballet diplomatico-économique illustre l’intérêt grandissant de plusieurs capitales européennes pour l’Algérie, à un moment où le pays cherche justement à élargir ses partenariats au-delà du secteur des hydrocarbures.
Le coup d’envoi de cette séquence sera donné le 21 septembre par la Chambre de commerce et d’industrie algéro-allemande. Organisée avec le soutien de l’initiative Export Energie du ministère fédéral allemand de l’Économie, Une délégation d’entreprises allemandes effectuera une visite en Algérie qui portera sur l’hydrogène vert, les technologies Power-to-X et le stockage d’énergie. Baptisée «Hydrogène le long du corridor SoutH2, accès aux porteurs de projets», elle rassemblera des entreprises actives dans l’électrolyse, le dessalement, la compression et le transport de l’hydrogène, ainsi que dans l’ingénierie, la certification et la reconversion des canalisations existantes. Cette mission s’inscrit dans le prolongement direct de la visite du président Abdelmadjid Tebboune en Allemagne, le 16 juillet dernier, au cours de laquelle les deux pays avaient affiché leur volonté commune de faire avancer le projet SoutH2 Corridor, censé acheminer l’hydrogène vert produit en Algérie jusque vers l’Europe.
À peine dix jours plus tard, c’est au tour de Vienne d’investir la capitale algérienne. Une délégation autrichienne forte de 22 entreprises est attendue à Alger du 30 septembre au 2 octobre, conduite par le ministre fédéral autrichien de l’Économie, de l’Énergie et du Tourisme, Wolfgang Hattmannsdorfer, et accompagnée par Jochen Danninger, secrétaire général de la Chambre économique fédérale autrichienne. Pilotée par le dispositif Advantage Austria, cette mission couvre également la Tunisie et vise à approfondir des relations déjà bien installées, puisque plus de 500 entreprises autrichiennes travaillent aujourd’hui avec des partenaires algériens, notamment dans l’ingénierie, l’agroalimentaire, le ferroviaire et la pharmacie. Au programme, des forums économiques, des rencontres B2B et des visites d’entreprises destinés à faire émerger des projets concrets d’investissement, de sous-traitance et de transfert technologique, plutôt que de simples échanges commerciaux. L’hydrogène vert devrait aussi s’inviter dans les discussions, l’Autriche figurant elle aussi parmi les pays associés au projet SoutH2 Corridor, aux côtés de l’Allemagne, de l’Italie, de la Tunisie et de l’Algérie.
L’Italie complète ce triptyque européen avec une visite prévue les 28 et 29 septembre, rapportée par l’agence de presse italienne Nova, mais cette fois autour d’un tout autre secteur, celui de l’agriculture. Pilotée par l’Agence italienne du commerce et appuyée par la FederUnacoma, la fédération des fabricants de machines agricoles, la mission entend présenter aux opérateurs algériens des solutions modernes de mécanisation, d’irrigation intelligente et de numérisation. L’enjeu est de taille pour un secteur qui pèse environ 15% du produit intérieur brut national et qui dispose de plus de 8,6 millions d’hectares de terres exploitables, mais où 70% des exploitations continuent de fonctionner selon des méthodes traditionnelles, d’après les chiffres avancés par l’agence italienne.
Ces visites confirment le fait que l’Algérie est redevenue un point de passage obligé pour plusieurs économies européennes en quête de nouveaux relais de croissance. L’énergie, et en particulier l’hydrogène vert, s’impose comme le fil conducteur de cette dynamique, portée par un projet commun à cinq pays, mais l’industrie et l’agriculture ne sont pas en reste, avec des besoins de modernisation clairement identifiés par les opérateurs algériens eux-mêmes. Pour Alger, cette effervescence représente une occasion de transformer des contacts diplomatiques en partenariats industriels tangibles, qu’il s’agisse de production locale, de transfert de savoir-faire ou de co-investissement.
Sabrina Aziouez

