Annaba : L’usine de chaux au cœur d’une démarche patrimoniale
L’ancienne usine de chaux de Zaâfrania, dans la wilaya d’Annaba, pourrait-elle prochainement bénéficier d’une reconnaissance au titre du patrimoine culturel ? C’est en tout cas le souhait exprimé par le bureau exécutif de wilaya du Front de la justice et du développement (FJD), qui vient d’interpeller officiellement la direction de la Culture d’Annaba sur la nécessité de prendre en charge le dossier de cet édifice industriel. Dans une correspondance adressée à la direction de la Culture d’Annaba, les représentants locaux du parti demandent une intervention rapide en faveur de cette bâtisse considérée comme un élément important du patrimoine industriel de la wilaya. Ils appellent notamment à engager les démarches nécessaires afin d’étudier la valeur historique et patrimoniale du site et de déterminer les conditions susceptibles de permettre sa protection. Au-delà de la préservation d’un bâtiment ancien, la démarche pose la question plus large de la sauvegarde du patrimoine industriel annabi, longtemps associé au développement économique et à l’évolution urbaine de la région. Pour les responsables de la formation, l’ancienne usine de chaux de Zaâfrania mérite ainsi de faire l’objet d’une expertise approfondie permettant de mieux documenter son histoire, son architecture et son ancienne vocation industrielle.
Dans leur correspondance, les responsables locaux du parti insistent particulièrement sur la nécessité de mener des recherches administratives et scientifiques afin d’établir avec précision l’origine de la construction, sa période d’édification, les différentes phases de son évolution ainsi que la nature des activités qui y étaient exercées. Ce sont autant d’éléments indispensables avant toute éventuelle procédure de protection au titre du patrimoine culturel. L’objectif est de réunir les données historiques, architecturales et techniques nécessaires à l’évaluation de la valeur patrimoniale de l’ensemble. Une telle démarche pourrait, si les critères réglementaires sont réunis et à l’issue de l’expertise des services compétents, ouvrir la voie à son inscription sur les listes du patrimoine protégé, voire à son classement selon la procédure prévue par la législation en vigueur.
Cette demande intervient dans un contexte où le patrimoine industriel constitue de plus en plus un axe de réflexion dans les politiques de sauvegarde et de valorisation du patrimoine. Anciennes usines, ateliers, infrastructures de production ou équipements liés aux activités économiques peuvent en effet constituer des témoins matériels de l’histoire industrielle d’un territoire. Leur intérêt ne réside pas uniquement dans leur architecture, mais également dans la mémoire du travail, des techniques et des activités économiques qu’ils ont abritées. À Annaba, le territoire étant marqué par une longue histoire industrielle et portuaire, la question de la conservation de ce type de vestiges revêt une dimension particulière. La ville et sa région disposent d’un patrimoine diversifié, allant des sites archéologiques aux édifices historiques et aux témoignages plus récents de l’industrialisation. La préservation de ces derniers permettrait de compléter la lecture de l’évolution économique et urbaine de la wilaya.
Le bureau exécutif du FJD a, par ailleurs, salué le travail mené sur le terrain par les services chargés du patrimoine culturel ainsi que les efforts déployés pour préserver les biens culturels matériels et immatériels. Il se dit confiant quant à l’attention qui sera accordée à ce dossier par la direction de la Culture. La démarche ne préjuge toutefois pas de l’issue d’une éventuelle procédure de protection. Celle-ci devra notamment s’appuyer sur un dossier scientifique permettant d’établir l’intérêt patrimonial du site et de déterminer le niveau de protection approprié. Une expertise qui pourrait également permettre de mieux connaître l’histoire de cette ancienne infrastructure et de documenter un pan encore peu visible de la mémoire industrielle d’Annaba.
Sofia C.
