Économie

Port de Skikda : Cap sur la prévention contre les cybermenaces

L’Entreprise portuaire de Skikda (EPS) mise sur la sensibilisation de son personnel pour renforcer la protection de ses données et de ses outils numériques. Une campagne dédiée à la sécurité de l’information est organisée du 4 au 15 octobre, avec pour objectif d’accroître la vigilance des salariés face aux cybermenaces et de faire de la protection des données une responsabilité partagée. Selon la cellule de communication de l’entreprise, cette initiative entend surtout agir sur les comportements du quotidien. La manière de consulter, conserver ou transmettre une information peut en effet constituer un maillon essentiel dans la chaîne de sécurité. La campagne vise ainsi à « ancrer ces réflexes dans les habitudes de travail », en associant l’ensemble du personnel aux différentes activités proposées. Le programme porte notamment sur la protection des informations sensibles, la prévention des risques et l’utilisation sécurisée des systèmes et supports numériques. Les employés sont également invités à approfondir leurs connaissances, à partager leurs expériences et à échanger autour de conseils pratiques permettant de mieux prévenir les incidents liés à l’utilisation des outils informatiques. L’enjeu dépasse toutefois le seul cadre de la protection des données. Dans un secteur portuaire où les opérations reposent de plus en plus sur des systèmes interconnectés, la sécurité informatique participe directement à la continuité de l’activité. Les escales, les opérations de manutention, les formalités douanières et les échanges avec les armateurs s’appuient sur des flux numériques, dont l’interruption peut rapidement affecter le fonctionnement des services. Une pièce jointe malveillante, un support infecté ou une faille dans un système peuvent ainsi devenir le point de départ d’un incident aux conséquences importantes. Face à des menaces qui évoluent constamment, l’EPS cherche donc à préserver la confidentialité de ses informations, à garantir leur intégrité et à assurer leur disponibilité. Une démarche qui traduit une évolution importante dans l’approche de la cybersécurité. La protection des systèmes ne relève plus uniquement des spécialistes et des équipements techniques, mais dépend également des pratiques adoptées par chaque utilisateur. Placée sous le slogan « Octobre, mois de la sécurité de l’information », la campagne se déroule dans la salle de réunion de l’ancienne direction générale, au niveau du vieux port. Le choix d’une démarche de sensibilisation élargie apparaît d’autant plus pertinent que la transformation numérique des activités portuaires multiplie les points de connexion et, par conséquent, les possibilités d’exposition aux cyberrisques. Cette orientation intervient par ailleurs dans un contexte marqué par le renforcement des dispositifs de sécurisation du port. L’EPS et la plateforme « Algerian Port Community System » (APCS) ont signé, le 1er octobre, un contrat de partenariat destiné à finaliser le projet « PORTEYE », au terme de sa phase d’essais. Le dispositif associe des caméras de surveillance de haute qualité à des solutions d’intelligence artificielle afin d’organiser et de sécuriser l’accès des camions à l’enceinte portuaire, a détaillé la même source. Le suivi automatisé des déplacements devrait notamment contribuer à réduire les temps d’attente et à renforcer la sécurité et la sûreté du site. La multiplication de ces solutions technologiques s’accompagne toutefois d’une exigence nouvelle : celle de disposer d’un personnel suffisamment sensibilisé aux risques liés aux systèmes numériques. À ce titre, la campagne engagée par l’EPS s’inscrit dans une logique plus large où la sécurité physique du port et la protection de son environnement numérique tendent à devenir deux dimensions complémentaires d’un même enjeu.

Sofia Chahine

admin

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