Ils multiplient les attaques contre le territoire saoudien : Les Houthis préviennent Washington d’une riposte « douloureuse » en cas d’intervention
Les Houthis du Yémen ont averti lundi les États-Unis d’une « riposte rapide et douloureuse » en cas d’implication dans « l’agression contre le Yémen ». Ils s’expriment alors que l’Arabie saoudite, frappée par une série d’attaques d’une ampleur sans précédent, réclame le soutien de Washington, jusqu’ici sans succès. « Si les États-Unis s’impliquent (…), nous ne tergiverserons pas. La riposte sera rapide et douloureuse à l’encontre des États-Unis et de tous leurs intérêts dans la région », a déclaré à l’AFP, depuis Sanaa, un haut responsable du mouvement, Mohammed Al Bukhaiti. Dénonçant « l’entêtement » de Riyad à privilégier l’option militaire, il a menacé de détruire « l’ensemble des infrastructures saoudiennes » et invité les employés des sites pétroliers et des aéroports du royaume à s’en tenir éloignés. Le président américain Donald Trump a qualifié samedi d’« inacceptable » l’attaque contre la capitale saoudienne, la plus meurtrière dans le royaume depuis dix ans. Lundi, il s’est borné à déclarer que les Houthis « se conduisent très mal », sans annoncer la moindre mesure concrète.
Le bilan de l’attaque de l’aéroport de Riyad, fermé depuis, s’élève à 13 morts. Lundi soir, de fortes explosions ont de nouveau secoué la capitale, et les habitants ont reçu sur leur téléphone une alerte les invitant à se réfugier « dans un endroit sûr », une première depuis des semaines. Les Houthis ont revendiqué un nouveau tir sur l’aéroport, que Riyad dit avoir intercepté. La coalition conduite par l’Arabie saoudite a fait état de la destruction de deux autres missiles balistiques près de Khamis Mushait, dans le sud-est du royaume, puis, mardi, de trois drones au nord de la capitale, sans en préciser l’origine ni les cibles. L’aéroport de Dammam et deux sites d’Aramco, dans l’est du pays, ont aussi été visés. Le ministre saoudien de l’Énergie, Abdulaziz ben Salmane, a reconnu que le premier exportateur mondial de pétrole était « mis à l’épreuve » et promis une « réponse ferme ».
Les hostilités ont repris en juillet entre les Houthis, les forces gouvernementales yéménites et leur soutien saoudien, avant de s’intensifier en septembre. Les Houthis ont alors pris le contrôle du stratégique détroit de Bab el-Mandeb, sur la mer Rouge, ce qui a déclenché une contre-offensive. À Taëz, troisième ville du pays, les combats ont fait plus de 60 morts en 24 heures, selon des sources militaires des deux camps. De son côté, l’Iran, allié des Houthis, s’est dit « vivement préoccupé » et prêt à « faciliter le dialogue entre les parties ».
R.I.

