Santé mentale : Un plan prolongé jusqu’en 2030
L’Algérie compte désormais plus de 400 patients bénéficiant du premier traitement de substitution aux opioïdes, une avancée que le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, a citée mardi à Alger comme l’un des signes d’une santé mentale désormais pleinement reconnue comme composante de la santé publique. Dans une allocution lue en son nom par le chef de cabinet du ministère, Hadj Maâti Khalil Reda, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, le ministre a salué « l’élargissement des services de prise en charge des addictions ». Il a également mis en avant les progrès enregistrés auprès des enfants et des adolescents, ainsi que l’adoption, en 2025, du Plan national autisme.
Ces acquis s’inscrivent, selon lui, dans la stratégie nationale portée par le Plan national de promotion de la santé mentale. Celui-ci vise à « renforcer le bien-être psychologique et à l’améliorer durablement, à développer les mécanismes de prévention et de prise en charge et à consolider la coordination entre les différents intervenants ». Le ministre a rappelé que le plan, initialement prévu pour la période 2017-2020, a vu sa mise en œuvre prolongée jusqu’en 2030 en raison de la pandémie de Covid-19. Il a dressé un bilan qu’il juge positif, évoquant « des avancées tangibles » dans le développement des infrastructures, le renforcement des compétences professionnelles et la disponibilité des médicaments. Un cadre juridique a également été mis en place pour protéger les droits des patients et réglementer les services de santé mentale. Cette démarche répond, a-t-il expliqué, aux efforts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’Algérie a adhéré au Plan d’action global pour la santé mentale 2013-2020 et travaille à aligner ses orientations sur la vision internationale à l’horizon 2030. Le ministre a insisté sur « l’importance croissante de la prise en charge de proximité ». Elle rapproche les services des citoyens, facilite l’accès aux soins, garantit leur continuité et favorise l’insertion des personnes souffrant de troubles mentaux dans leur environnement familial et social. Les rencontres annuelles sur le sujet ont montré, a-t-il souligné, qu’atteindre les objectifs suppose « une vision claire, une coordination efficace et intégrée entre les différents secteurs, ainsi qu’un suivi continu et une évaluation des résultats sur le terrain ».
Quatre orientations structurent désormais l’action des pouvoirs publics. Il s’agit de donner la priorité à la prévention et à l’intervention précoce « plutôt que de se limiter au traitement après l’apparition des troubles », développer les services, renforcer la coopération intersectorielle et adapter les interventions aux étapes de la vie et aux besoins nationaux.
De son côté, le représentant de l’OMS en Algérie, Phanuel Habimana, a appelé à « renforcer la participation des personnes ayant vécu des expériences liées à des troubles de santé mentale » à l’élaboration des politiques, des services de santé et à l’évaluation des programmes.
Lyna Larbi

