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Enseignement supérieur : Un budget en hausse pour 2027

Le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique pour 2027 atteint 843,81 milliards de dinars en autorisations d’engagement, en hausse de 8,25 %. Le ministre Kamal Baddari l’a présenté samedi devant la commission des finances et du budget, présidée par Abdelhafid Brima, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances. Les crédits de paiement s’élèvent pour leur part à 847,26 milliards. Avant même l’exposé du ministre, le président de la commission avait fixé le cap. Pour lui, l’examen des budgets sectoriels doit vérifier s’ils vont vers les « priorités réelles » et si l’argent est employé avec efficacité. Le défi de l’université, a-t-il insisté, est de s’affirmer comme un « espace de production du savoir », capable de former des compétences et de nourrir l’innovation au service de l’économie nationale. Kamal Baddari a répondu par les chiffres de la dernière rentrée. L’inscription s’est déroulée de bout en bout en numérique et a concerné un million 840 000 étudiants. Près de huit offres de formation sur dix, soit 79 %, ont été tournées vers les sciences, la technologie et ce qu’il appelle les « métiers de demain ». Le ministre a ensuite égrené les nouveautés du secteur. Une école nationale supérieure d’optique et d’ingénierie a vu le jour à Sétif, et de nouvelles spécialités de médecine et de sciences de la santé ont été ouvertes avec le ministère de la Santé. Sept offres de double diplôme ont été lancées dans cinq universités. La version électronique du cadre algérien des qualifications et des diplômes de l’enseignement supérieur est en ligne, présentée comme le premier cadre national conçu avec l’ensemble des départements ministériels concernés. Les doctorants pourront désormais soutenir leur thèse sous la forme d’un ensemble cohérent de travaux scientifiques, une manière de valoriser les résultats de la recherche.

L’ouverture à l’international figure aussi au bilan. L’Algérie a accueilli 334 étudiants étrangers de 39 nationalités, et la deuxième édition du programme « Étudie en Algérie » est lancée. Le ministre a cité la poursuite de l’accompagnement des établissements vers les standards de qualité et l’extension du modèle d’« université de quatrième génération ». Un cadre institutionnel pour la communauté scientifique algérienne établie à l’étranger a été mis en place, avec un conseil consultatif auprès du président de la République. Côté innovation, 80 produits ont été présentés et les projets stratégiques valorisés. Le secteur a décroché le premier agrément national pour la formation aux systèmes de drones.

Améliorer le quotidien des étudiants

Les membres de la commission n’ont pas boudé ce tableau, mais ils ont déplacé le débat vers le quotidien des étudiants et des enseignants. L’hébergement en cité universitaire reste en tête des préoccupations, avec une crise que les députés demandent de traiter. Ils ont aussi réclamé l’ouverture de nouvelles lignes de transport dans les grandes villes, à commencer par la capitale, pour alléger la pression sur les déplacements des étudiants. La restauration universitaire, selon eux, doit passer plus vite au numérique pour garantir des repas complets et équilibrés. Sur le fond pédagogique, les élus ont plaidé pour le passage de la quantité à la qualité afin de relever le niveau des diplômés. Ils ont demandé des logements de fonction pour le corps enseignant, la modernisation et l’équipement des laboratoires, et des mesures pour freiner la fuite des compétences nationales, notamment par le soutien aux projets innovants et aux incubateurs d’entreprises.

Lyna Larbi

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