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Exécution des programmes d’investissement public : Des prérogatives élargies pour les walis

Le ministre de l’Intérieur, M. Brahim Merad, a annoncé samedi devant les députés l’élargissement du rôle du wali dans l’exécution de l’investissement public. Le budget proposé au secteur pour 2027 dépasse 1.562 milliards de DA, avec une hausse des recettes fiscales destinées aux communes.

Le wali verra son champ d’action s’élargir en matière d’investissement public. Devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, M. Brahim Merad, a indiqué que le premier responsable de la wilaya pourra superviser la réalisation de tout programme spécifique décidé en Conseil des ministres, « au lieu de limiter ses prérogatives aux programmes complémentaires de développement au profit des wilayas ». Cette mesure figure parmi les priorités du secteur dans le projet de loi de finances (PLF) 2027. Une mesure destinée à assurer un suivi permanent de l’exécution des grands projets publics décidés en conseil des ministres, notamment en ce qui concerne les grands projets structurants et les infrastructures.

Présidée par M. Abdelhafid Brima, en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Mme Nadjiba Djilali, la séance était consacrée à l’examen du budget sectoriel. M. Merad a précisé que son département accorde la priorité à « l’optimisation de l’emploi des crédits qui lui sont proposés » et au renforcement du suivi des programmes et projets au niveau local. Il s’agit de permettre aux collectivités locales d’accomplir leurs missions dans les meilleures conditions, « de manière à obtenir des résultats concrets ayant un impact positif sur les conditions de vie des citoyens ».

Des communes mieux dotées

Pour 2027, le budget du secteur s’élève à « 1.562,5 milliards de DA en autorisations d’engagement et à 1.557,4 milliards de DA en crédits de paiement ». Les recettes fiscales destinées aux collectivités locales sont estimées à 646,23 milliards de DA, contre 608,14 milliards en 2026, soit une hausse de 38,09 milliards de DA. Les communes et les wilayas, chargées de la prise en charge des besoins quotidiens des citoyens, de la gestion des services publics et de la mise en œuvre des programmes de développement local, « occupent une place importante dans le budget du secteur », a relevé le ministre. Les crédits qui leur sont consacrés atteignent 675,6 milliards de DA, en hausse de 16,6 milliards de DA, soit 2,39 % par rapport à 2026. Concrètement, ces moyens serviront à financer des projets de proximité : alimentation en eau potable, assainissement, raccordement à l’électricité et au gaz, entretien des routes communales et des écoles primaires.

Pour la Sûreté nationale, les crédits proposés s’élèvent à « 616,6 milliards de DA en autorisations d’engagement et à 623,3 milliards de DA en crédits de paiement », destinés à renforcer la couverture sécuritaire et à protéger les personnes et les biens. Une enveloppe de 2,75 milliards de DA en autorisations d’engagement et de 513 millions de DA en crédits de paiement est réservée aux 11 nouvelles wilayas. Le budget prévoit aussi les moyens nécessaires à l’installation de ces wilayas ainsi que des deux circonscriptions administratives d’El Eulma et de Maghnia.

S’agissant de la Protection civile, M. Merad a souligné son « importance stratégique dans le dispositif de prévention et d’intervention, notamment face aux feux de forêt et aux différents risques majeurs ». Les crédits, de 132,86 milliards de DA en autorisations d’engagement et de 118,6 milliards en crédits de paiement, serviront à appliquer le programme d’urgence décidé par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune. Il prévoit la révision du statut particulier et du régime indemnitaire du corps, ainsi qu’un plan d’urgence pour le recrutement et le renforcement des unités, des moyens et des équipements. Pour les 11 nouvelles wilayas, 839 millions de DA en autorisations d’engagement et 280 millions de DA en crédits de paiement sont prévus pour la construction des sièges des directions de wilaya de la Protection civile. M. Merad a indiqué que le budget du secteur « reflète l’importance des responsabilités qui lui sont dévolues et traduit la priorité accordée à l’amélioration de la gestion locale et au renforcement du développement et de l’investissement publics ». Il a conclu que 2027 revêt une « importance particulière », au regard de l’échéance électorale prévue le 28 novembre prochain et du renouvellement des Assemblées populaires communales et de wilayas, appelées à « jouer un rôle actif dans la définition des priorités en matière de développement local » et à « relayer les préoccupations des citoyens ». Après avoir salué les efforts de l’Etat en faveur des collectivités locales, de la sécurité et de la modernisation de l’administration, les élus ont fait part de leurs préoccupations. Ils ont d’abord voulu connaître la date de promulgation des codes de la commune et de la wilaya, ainsi que du statut des collectivités locales. Ils ont aussi réclamé des camions de nettoiement et de collecte des déchets pour certaines communes, l’activation de la police de l’urbanisme, la création de centres de sûreté urbaine et de sièges de la Protection civile, notamment dans les zones forestières, et la lutte contre les bandes de quartiers. Ont également été évoqués la revue des repas servis dans les cantines scolaires, le rôle économique des communes pour attirer l’investissement et créer des emplois, ainsi que l’extension des services numériques. Certains députés ont proposé de revoir le découpage territorial communal ou d’ériger en communes les annexes des grandes communes, et demandé un calendrier pour traiter les projets en retard.

Chokri Hafed

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