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Figure de la lutte pour l’indépendance et ancien membre du HCE : Mohamed Ali Haroun s’éteint à 99 ans

Avocat des militants algériens devant les tribunaux français, élu de la première Constituante puis ministre et membre du HCE, le moudjahid est décédé samedi. Le président Tebboune salue un homme d’Etat à l’élégance intellectuelle rare.

Le moudjahid Mohamed Ali Haroun, ancien ministre délégué chargé des droits de l’homme et ancien membre du Haut Comité d’Etat (HCE), est décédé samedi à l’âge de 99 ans. Avec lui disparaît le dernier membre encore en vie de l’instance collégiale instaurée en 1992 après la démission du président Chadli Bendjedid.

Figure de la lutte pour l’indépendance, il avait rejoint les rangs du Front de libération nationale dès le déclenchement de la Révolution le 1er novembre 1954. Il a joué un rôle important dans l’organisation du combat hors des frontières nationales. Responsable politique au sein de la Fédération de France du FLN, il s’est occupé du volet politique et médiatique et a pris part aux négociations comme à l’action diplomatique en faveur de l’internationalisation de la cause algérienne. Devant les juridictions françaises, il a défendu les droits des détenus et des militants algériens.

Après l’indépendance, il est élu député à la première Assemblée nationale constituante. Il est nommé ministre délégué chargé des droits de l’homme en 1991, puis siège au Haut Comité d’Etat de 1992 à 1994. Ali Haroun participe aussi à la création de la ligue algérienne des droits de l’homme (LADH). Il aura ainsi été le témoin direct de deux périodes majeures de l’histoire du pays, la guerre de libération d’abord, l’arrêt du processus électoral de 1991 et la démission de Chadli ensuite.

Dans un message de condoléances, le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Abdelmalek Tacherift, a présenté ses sincères condoléances à la famille du défunt, à ses compagnons de lutte et à l’ensemble de la famille révolutionnaire. Il a prié Allah Tout-Puissant d’accueillir le défunt en Son vaste paradis.

Tebboune salue un homme d’Etat à l’élégance intellectuelle rare 

Le président Abdelmadjid Tebboune a lui aussi adressé samedi ses condoléances et exprimé sa profonde compassion à la famille du défunt. Dans son message, il écrit notamment ceci.

« C’est avec une immense tristesse et une profonde affliction que j’ai appris le décès du moudjahid Mohamed Ali Haroun, un des premiers militants et responsables de la Fédération de France du Front de libération nationale (FLN), où il a assumé diverses fonctions liées aux aspects politiques et médiatiques, parallèlement à son engagement dans l’action diplomatique et dans le financement de la glorieuse Révolution de libération. »

Le chef de l’Etat poursuit en rendant hommage à la personnalité du défunt.

« Interlocuteur d’une rare élégance intellectuelle, auteur témoin d’importants événements, éminent juriste et grand avocat ayant défendu les détenus et les militants algériens devant les tribunaux français, le défunt restera dans l’histoire pour son engagement national, depuis son élection dans l’Assemblée nationale constituante, et pour son parcours d’homme d’Etat, en qualité de ministre et de membre du Haut Comité d’Etat. » Il conclut en s’adressant aux proches et à la famille des moudjahidine. « Alors que nous faisons nos adieux au regretté moudjahid Mohamed Ali Haroun, je vous présente, ainsi qu’à toutes ses sœurs moudjahidate et à tous ses frères moudjahidine, mes sincères condoléances, vous assurant de ma profonde compassion et priant Allah Tout-Puissant d’accorder au défunt Sa sainte miséricorde, de l’accueillir en Son vaste paradis et de vous prêter patience et réconfort. A Allah nous appartenons et à Lui nous retournons. »

Hocine Fadheli

admin

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