Culture

Célébration du patrimoine vestimentaire : Quand le haïk et la blouza font escale à Bruxelles

Entre voile blanc et broderies de l’Ouest, une manifestation organisée par des Algériennes de Belgique a rappelé l’attachement de la diaspora à son patrimoine vestimentaire, au moment où la blouza vise une reconnaissance de l’UNESCO. Le haïk blanc et la blouza oranaise ont tenu la vedette à Bruxelles. À l’initiative de l’Association des femmes algériennes en Belgique, le café « La Casbah », espace culturel, littéraire et solidaire du centre de la capitale belge, a accueilli une manifestation pour célébrer « l’authenticité du patrimoine algérien » et conforter « l’identité nationale dans la diaspora », selon le communiqué des organisatrices.

Au programme, un défilé de tenues traditionnelles que le haïk blanc a conduit, avec « sa symbolique historique et culturelle » que le texte met en avant. Ce grand voile, longtemps porté dans les villes du pays, reste un marqueur de mémoire, et sa présence sur un podium bruxellois a de quoi émouvoir les Algériens établis à l’étranger. À ses côtés, la blouza oranaise a séduit l’assistance par « ses couleurs vives et ses broderies traditionnelles », reflet de « la richesse du patrimoine culturel de l’Ouest algérien ». Le spectacle a été bien accueilli par les visiteurs comme par les membres des communautés installées en Belgique, qui ont salué la beauté des costumes et l’utilité d’initiatives destinées à faire connaître le patrimoine national et à le préserver « de la disparition et de la déformation ».

Le moment n’a rien d’anodin pour la blouza. Début août, une rencontre nationale consacrée à cette tenue, entre authenticité et modernité, a rappelé que des enquêtes de terrain avaient été conduites dans les wilayas de Tlemcen, d’Aïn Temouchent et de Sidi Bel Abbès. Le ministère de la Culture et des Arts a par ailleurs déposé auprès de l’UNESCO un dossier intitulé « L’art de la blouza et son ornementation dans le Grand Ouest algérien », en vue de son inscription sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Présentée officiellement en avril dernier, cette candidature figurait en tête des dossiers algériens de l’année. La Chedda de Tlemcen, costume nuptial de la mariée, est inscrite depuis 2012, et le costume féminin de cérémonie de l’Est algérien, avec la gandoura, la melhfa et le caftan, a rejoint la liste en décembre 2024. Autant de reconnaissances qui donnent à des rendez-vous comme celui de Bruxelles une résonance particulière.

La manifestation s’inscrit dans les activités du café « La Casbah », conçu comme « un espace de rencontre, d’échange culturel et de solidarité » et comme une tribune pour « renforcer les liens entre les enfants de la communauté algérienne et leur mère patrie ». L’association, que préside Faïza Othmani, y trouve un cadre naturel pour transmettre aux plus jeunes, loin du pays, l’éclat des habits d’hier.

Mohand S.

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