« Hadda » en lice à Djerba et « You Don’t Die Two Times » à Amsterdam : Le cinéma algérien à l’honneur
Le cinéma algérien est à l’honneur sur deux scènes à la fois. Dans deux communiqués successifs, le Centre algérien de développement du cinéma (CADC) annonce que le documentaire « You Don’t Die Two Times » sera présenté en première mondiale à l’IDFA, le Festival international du film documentaire d’Amsterdam, du 12 au 22 novembre 2026, et que la fiction « Hadda », d’Ahmed Riad, concourt en sélection officielle à la 12e édition du Festival international de Djerba du cinéma des femmes et des jeunes, qui se tient du 24 au 27 octobre. Premier long métrage de la réalisatrice franco-algéro-tunisienne Ager Oueslati, « On ne meurt pas deux fois » est une coproduction de 90 minutes entre l’Algérie, l’Allemagne et les Pays-Bas. Il concourt dans la section Envision, réservée aux écritures documentaires audacieuses. Le film suit Gift, une jeune Nigériane partie en 2017 dans l’espoir de rejoindre l’Europe. Il déroule un parcours entre le Niger, l’Algérie et la Tunisie, fait de dangers, de violences et de longues années d’attente. Le projet n’arrive pas à Amsterdam par hasard. Ancienne reporter à France 3, Ager Oueslati a fondé en 2021 à Alger la société Taswir Production, qu’elle codirige avec son frère Raouf. Son film avait bénéficié d’une aide de l’IDFA Bertha Fund en 2025. Il avait aussi décroché deux prix au Festival d’Amman la même année, dont celui de l’IEFTA, doté de 6 000 euros, pour un projet arabe en postproduction.
À Djerba, « Hadda » joue sur un tout autre registre. Premier long métrage de fiction d’Ahmed Riad, ce film de 76 minutes, présenté en avant-première à Alger début mai, rend hommage aux infirmières engagées dans la guerre de libération nationale (1954-1962). Lydia Larini incarne le personnage central, entourée notamment de Hamid Mesbah, Louisa Nehar et Hamza Hamoudi. Le réalisateur dit avoir voulu raconter des pages marquantes de l’histoire du pays à travers la fiction historique, sur un mode accessible au grand public. Le CADC formule ses vœux de réussite au film et à son auteur pour cette participation à un rendez-vous qui réunit des œuvres de plusieurs pays. Entre la mémoire de ces combattantes de l’ombre et le destin d’une migrante d’aujourd’hui, les deux films dessinent les deux versants d’un même cinéma, tourné vers son histoire autant que vers les questions de son temps.
Mohand S.

