Observatoire du patrimoine architectural et urbain dans les pays arabes : Nedroma, Béjaïa et Mila, trois cités millénaires s’invitent au registre
Cet acquis est l’aboutissement des efforts soutenus déployés par le ministère de la Culture et des Arts pour concrétiser la stratégie globale du pays en matière de sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel.
Les vieilles villes de Nedroma, Béjaïa et Mila viennent d’être inscrites au Registre du patrimoine architectural et urbain de l’Observatoire du patrimoine architectural et urbain dans les pays arabes, rattaché à l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO). L’annonce a été faite par le ministère de la Culture et des Arts, qui précise que la décision est tombée lors de la 11e réunion de l’Observatoire, tenue du 25 au 27 octobre au siège de la Ligue des États arabes, en Égypte. Pour le département de la Culture, ce résultat est « le fruit du dynamisme que connaît la diplomatie culturelle algérienne à l’échelle régionale arabe ». Il « traduit la reconnaissance par l’ALECSO de l’ancienneté du patrimoine culturel » du pays. Le ministère en attend une meilleure préservation des sites retenus, un renforcement des mesures de sauvegarde grâce à des programmes et des projets de restauration, mais aussi une promotion à l’échelle arabe et internationale qui profitera au tourisme culturel. Il voit dans cet acquis « l’aboutissement des efforts soutenus qu’il déploie pour concrétiser la stratégie globale du pays » en matière de sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel, au service de la culture et de « la réalisation du développement durable ».
Les trois cités arrivent avec un dossier déjà bien fourni. À Nedroma, dans la wilaya de Tlemcen, le plan permanent de sauvegarde du secteur sauvegardé a été approuvé en 2025 par arrêté interministériel publié au Journal officiel n° 15, alors que le ministère poursuivait ses efforts pour un classement à l’Unesco. À Béjaïa, ancienne capitale des Hammadides, la casbah bâtie par les Almohades vers 1154 domine une wilaya parmi les plus riches en biens classés, avec une vieille ville érigée en secteur sauvegardé permanent. La direction de la culture admettait déjà que la réhabilitation de la casbah demande un travail forcément long, et le communiqué ne dit rien des budgets ni du calendrier des travaux. Entre chantiers et visiteurs, le registre arabe devra faire ses preuves. À Mila, la mosquée Sidi Ghanem, édifiée en 679 et réputée première du Maghreb, côtoie la muraille byzantine et la statue de la princesse numide Milev. Miliana, dans la wilaya d’Aïn Defla, avait ouvert la voie, et la ministre Malika Bendouda avait appelé en février dernier à valoriser ce classement.
Mohand Seghir

