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Discours haineux, langues étrangères et lieux de culte : L’ANIE fixe les interdits de la campagne électorale pour les locales du 28 novembre

Trois jours avant l’ouverture de la campagne électorale pour les élections locales du 28 novembre prévue jeudi, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a sonné le rappel à l’ordre. Dans un communiqué rendu public lundi, elle a rappelé aux candidats des partis politiques et des listes indépendantes, ainsi qu’à « différents acteurs et intervenants dans le processus électoral », « le cadre juridique et réglementaire régissant la campagne électorale », tout en insistant sur « la nécessité de se conformer strictement aux dispositions et règles prévues par la loi ». Le premier interdit concerne le calendrier. « La campagne électorale débute le jeudi 5 novembre 2026 et prend fin le mardi 24 novembre 2026, conformément aux dispositions de l’article 73 de la loi organique relative au régime électoral, modifiée et complétée », précise l’Autorité, pour qui « nul ne peut, par quelque moyen et sous quelque forme que ce soit, faire campagne, en dehors de la période prévue ». Sur le terrain de l’éthique, l’ANIE exige des candidats de « s’abstenir de tenir tout discours haineux et toute forme de discrimination », ajoutant que « l’utilisation de langues étrangères durant la campagne électorale est interdite ». Elle met aussi en garde contre les dérapages de comportement et soulignant que « tout candidat doit s’interdire tout geste, attitude, action ou autre comportement violent, déloyal, injurieux, déshonorant, illégal ou immoral, et veiller au bon déroulement de la campagne électorale », poursuit le communiqué, qui ajoute que « l’usage malveillant des attributs de l’Etat est interdit ». Le texte est tout aussi ferme sur l’utilisation des moyens publics. « Sauf dispositions législatives contraires, est interdite l’utilisation à des fins de propagande électorale, des biens ou moyens d’une personne morale publique ou privée, institution ou organisme publics », rappelle l’ANIE, de même qu’« est interdite à des fins de propagande électorale, l’utilisation, sous quelque forme que ce soit, des lieux de culte, des institutions et administrations publiques, ainsi que des établissements d’éducation, d’enseignement et de formation, quelle que soit leur nature ou appartenance ».

S’agissant des médias, les médias audiovisuels autorisés à couvrir la campagne sont « tenus de garantir la répartition équitable du temps d’antenne entre les candidats ». L’ANIE précise qu’« en coordination avec l’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel, [elle] assure le respect de ces dispositions ». Les candidats doivent par ailleurs respecter les dispositions légales régissant les rassemblements et réunions publiques, et s’abstenir de recourir à tout procédé publicitaire commercial à des fins de propagande.

L’Autorité insiste également sur le respect du silence électoral et rappelle « l’interdiction de la publication et de la diffusion de sondages portant sur les intentions de vote des électeurs soixante-douze (72) heures avant la date du scrutin ». Enfin, elle rappelle que « des surfaces publiques réservées à l’affichage des candidatures sont attribuées équitablement à l’intérieur des circonscriptions électorales », et que « toute autre forme de publicité, en dehors des emplacements réservés à cet effet, est interdite ».

Rappelons que le vice-président de l’ANIE, Mohamed Lahcen Zeghidi, avait déjà annoncé jeudi dernier que « la campagne électorale pour les élections locales du 28 novembre prochain débutera officiellement le 5 novembre ». En marge du tirage au sort pour la répartition des créneaux horaires d’intervention des candidats dans les médias publics audiovisuels, il avait précisé que l’enregistrement des candidats dans les studios de la Télévision algérienne et de la Radio nationale débutera « 72 heures avant le lancement de la campagne électorale », les enregistrements étant diffusés à partir du 5 novembre. Il avait réitéré « la pleine disponibilité de l’ANIE » pour assurer le bon déroulement de l’échéance. À cette occasion, les représentants des partis et des listes indépendantes ont signé la charte d’éthique des pratiques électorales. Massinissa Raïs

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