Culture

Les Journées algériennes du cinéma contemporain d’El Eulma : 30 courts-métrages de 13 pays s’affrontent pour « l’image qui parle »

Trente films, treize pays, un seul écran : dimanche soir, au théâtre régional d’El Eulma (Sétif), les Journées algériennes du cinéma contemporain ont donné le coup d’envoi de leur compétition officielle, au deuxième jour de l’événement. Drames intenses, comédies, documentaires, films sociaux ou de fiction, les courts-métrages en lice viennent d’Algérie mais aussi de Palestine, du Yémen, d’Oman, de Jordanie, d’Égypte, de Tunisie, d’Irak, de Syrie, des Pays-Bas, d’Espagne et de la République arabe sahraouie démocratique. Organisée à l’initiative de la coopérative culturelle « Khayam Semiramis », sous le slogan « Quand l’image parle », la manifestation s’inscrit dans les commémorations du 72e anniversaire de la Révolution. Pour sa première soirée de compétition, dix films de 8 à 30 minutes ont été projetés, dont « La victime zéro » de l’Algérien Amin Benthamer, « La terre du corbeau » de l’Irakien Mohamed Derbedkhani, « Un nouveau chemin » de l’Égyptien Adel Khodir et « À moitié d’âme » du Tunisien Marouane Trabelsi. Côté jury, c’est l’actrice et réalisatrice Nassima Louail qui préside, aux côtés des réalisateurs Chihab Saada et Adel Mohsen, ce dernier également critique. Ils décerneront trois trophées en or, argent et bronze. Une grille d’analyse commune, a expliqué la présidente à l’APS, qui passe au crible le titre et le scénario, le langage cinématographique, la prise de vue, l’éclairage, le jeu d’acteur, le montage, sans oublier les effets visuels et l’étalonnage des couleurs départagera les candidats. Pour le commissaire du festival, Amine Bouzerara, l’événement se veut « un espace de compétition et d’échange d’expériences entre créateurs et professionnels du domaine cinématographique, en plus de constituer une opportunité de découverte de jeunes talents qu’il s’agira d’encourager ».

Mais la journée a aussi laissé place à la réflexion, avec un séminaire de formation consacré à la production de l’image contemporaine, entre intelligence artificielle et impératifs du marketing. Pour Ali Bentoumi, professeur d’arts visuels à l’université de Tlemcen, l’IA a « ouvert de nouvelles possibilités dans la production, la formation et le traitement de l’image cinématographique ». Le vrai défi, nuance-t-il, « ne réside pas dans la concurrence entre l’IA et l’homme, mais dans la détermination du rôle de l’artiste » dans l’usage de ces outils, afin de préserver la créativité et l’originalité de l’œuvre.

Même tonalité chez Azzouz Benomar, enseignant à l’université d’Oran 1. Si l’IA « ouvre de nouvelles perspectives pour la créativité », elle soulève aussi, avertit-il, des questions de propriété intellectuelle et de droits sur les œuvres produites, et impose de préserver « le rôle de l’homme et sa vision artistique ». La cinéaste irakienne Fatima Abou Haroun a, elle, salué le pouvoir du cinéma, capable selon elle de véhiculer des messages humanitaires, d’influencer le public et de « laisser une empreinte qui parviendra aux générations futures ».

R.C.

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