Vers une nouvelle hausse du SNMG ?
Dans un contexte économique marqué par des défis persistants liés au pouvoir d’achat des travailleurs algériens, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pourrait prochainement revaloriser le salaire national minimum garanti (SNMG). Cette perspective a été évoquée par Amar Takdjout, secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), hier lors d’une intervention sur les ondes de la chaîne 3 de la Radio algérienne.
Amar Takdjout a affirmé que l’UGTA défendra le dossier, insinuant ainsi que le dialogue social prend une dimension particulière avec la possibilité d’une augmentation du SNMG. « Je pense que le Président n’est pas insensible à ce problème », a-t-il affirmé, ajoutant que Tebboune a été « très réceptif » à la demande formulée le 1er mai 2024. « Je pense que c’est dans l’agenda du Président de revoir le SNMG très prochainement », a déclaré le responsable syndical, signalant une écoute attentive du pouvoir politique aux préoccupations sociales. Cette potentielle revalorisation s’inscrit dans un historique récent d’ajustements salariaux. En 2020, le Président Tebboune avait déjà procédé à une augmentation, faisant passer le SNMG de 18 000 à 20 000 dinars, une première modification depuis 2011. Une mesure qui a été suivie par d’autres initiatives visant à augmenter le pouvoir d’achat des travailleurs, dont notamment la révision du brème de l’IRG et la révision à la hausse de la grille indiciaire des salaires de la fonction publique. Des mesures accompagnées de la hausse des allocations de retraite, de solidarité et de chômage. La dynamique actuelle suggère une nouvelle étape dans la politique sociale du gouvernement.
Rouvrir le dossier de la retraite anticipée
Au-delà de la question salariale, Takdjout a également abordé la problématique de la retraite anticipée, un sujet crucial pour de nombreux travailleurs. « Il est essentiel d’ouvrir ce chantier de la haute pénibilité et d’engager une réflexion collective », a-t-il souligné, appelant à une expertise approfondie pour identifier les métiers nécessitant un départ anticipé à la retraite. « Il est essentiel d’ouvrir ce chantier de la haute pénibilité et d’engager une réflexion collective. Je suis convaincu qu’il existe des métiers pour lesquels il est nécessaire de disposer d’une expertise afin de déterminer les travailleurs qui pourraient prétendre à un départ anticipé », a déclaré M. Takdjout. Il a souligné que l’UGTA reprendrait ce dossier, sur lequel elle a déjà réalisé des progrès, en se concentrant particulièrement sur les métiers à « haute pénibilité ». Takdjout a par ailleurs annoncé la tenue prochaine d’une conférence consacrée à l’impact des changements climatiques sur l’emploi en Algérie, élargissant ainsi le spectre des préoccupations syndicales aux enjeux environnementaux et de transformation économique.
Rappelons que le SG de l’UGTA a été reçu dimanche par le président de la République. Accompagné d’une délégation, le secrétaire général de l’UGTA a pu échanger sur des questions cruciales concernant le monde du travail et syndical. « Cette rencontre nous a permis d’aborder des questions sociales qui concernent les travailleurs de la Fonction publique, à l’instar de ceux de l’Éducation, de la Santé et des corps communs », a-t-il déclaré au sortir de l’audience. La perspective d’une revalorisation du SNMG et l’attention portée aux métiers à haute pénibilité semblent dessiner les contours d’une nouvelle approche sociale, plus attentive aux réalités concrètes des travailleurs.
Samir Benisid