Le développement de la filière textile aboutit à de premiers résultats : Premières exportations de vêtements pour enfants vers la Mauritanie
Le ministre du Commerce extérieur, Kamel Rezig, a officialisé jeudi à Mostaganem l’envoi d’une cargaison de sept tonnes de prêt-à-porter infantile fabriqué localement, marquant une étape décisive dans la stratégie de substitution aux importations voulue par le président Tebboune et l’ouverture du secteur textile algérien vers les marchés africains.
L’industrie textile algérienne franchit un nouveau cap symbolique. En marge du Salon national de l’habillement et des industries textiles organisé à Mostaganem jusqu’au 2 mars, le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations a donné le coup d’envoi de l’exportation vers la Mauritanie de la première cargaison de vêtements pour enfants entièrement fabriqués en Algérie. Cette opération, qualifiée par Kamel Rezig de « première » dans ce segment spécifique, intervient dans un contexte de repositionnement stratégique du secteur manufacturier national. « De nombreux produits algériens sont désormais exportés vers des pays européens, asiatiques et africains, en raison de leur qualité et de leur conformité aux normes internationales », a déclaré le ministre lors de sa visite au stand du Groupement des industriels du textile de Ghardaïa. Cette reconnaissance qualitative constitue l’aboutissement d’efforts soutenus pour moderniser un secteur longtemps marginalisé face à la concurrence étrangère.
L’opération s’inscrit dans une dynamique plus large de conquête des marchés extérieurs. Selon Abdelouahab Baba Smaïl, président du Groupement des industriels du textile de Ghardaïa, une seconde cargaison de sept tonnes suivra la semaine prochaine. Le groupement, qui fédère cinquante usines spécialisées dans le prêt-à-porter infantile, a méthodiquement préparé cette percée commerciale en participant au Salon des produits algériens à Nouakchott et en étudiant les spécificités du marché mauritanien, considéré comme « une porte d’entrée vers l’Afrique de l’Ouest ».
50% des besoins du marché national couverts
L’enjeu dépasse la dimension purement commerciale. Les cinquante opérateurs économiques membres du groupement couvrent actuellement 50% des besoins du marché national en vêtements pour enfants, témoignant d’une montée en puissance industrielle significative. Cette capacité de production, désormais excédentaire, permet d’envisager une stratégie d’exportation structurée plutôt qu’opportuniste.
Le Salon de Mostaganem, troisième du genre après ceux de Ghardaïa et d’Alger, rassemble environ 70 opérateurs nationaux, dont 27 marques internationales produites localement. « Nous avons atteint l’objectif et démontré à tous qu’il existe un habillement algérien pour toutes les catégories, ainsi que des marques internationales produites localement qui approvisionnent le marché national et exportent », s’est félicité Kamel Rezig. Cette réussite s’inscrit dans la feuille de route présidentielle. « L’objectif fixé par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, est d’assurer une production locale de vêtements à 100%, conformément à un processus dont nous commençons à récolter progressivement les fruits », a rappelé le ministre. Au-delà de l’autosuffisance, la stratégie vise explicitement la substitution aux importations, la réduction de la facture en devises et l’augmentation du taux d’intégration industrielle.
L’attractivité du territoire pour les grandes marques internationales constitue un autre pilier de cette transformation.
Six grandes enseignes s’intéressent à l’Algérie
Six nouvelles enseignes dans l’habillement et le textile ont récemment manifesté leur intérêt pour investir en Algérie. « Nous nous orientons progressivement vers la consolidation d’un habillement algérien fabriqué localement, en phase avec les évolutions modernes et les goûts variés des consommateurs, parallèlement à l’attraction de grandes marques dont le nombre passera, dans les prochaines années, de 27 actuellement à entre 40 et 50 marques internationales, non pas comme simples vendeuses, mais comme fabricantes et exportatrices en même temps », a précisé le ministre. Ce positionnement hybride, combinant développement des marques locales et implantation de fabricants internationaux, vise à créer un écosystème industriel complet. L’objectif affiché reste double: approvisionner le marché intérieur en produits de qualité à prix compétitifs tout en développant des filières exportatrices créatrices d’emplois et génératrices de devises. La Mauritanie, premier client de cette nouvelle ambition africaine, pourrait n’être qu’une étape vers des marchés régionaux plus vastes.
Amar Malki

