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Une stratégie nationale dédiée sur la table du Gouvernement : Une feuille de route pour le développement de l’IA

L’intelligence artificielle est désormais une affaire d’État. Le Premier ministre Sifi Ghrieb a réuni lundi son gouvernement autour d’un ordre du jour inédit : l’examen du projet de stratégie nationale d’intelligence artificielle, couplé au plan de déploiement du portail numérique «Dzair digital services». Une séance qui marque, sur le papier du moins, le passage de la rhétorique à l’acte.

Le communiqué des services du Premier ministre est sobre, mais le cadrage politique est explicite. La stratégie est présentée comme une étape dans «la dynamique importante de modernisation de l’action publique et de transformation numérique» engagée, précise le texte, «sous l’impulsion du président de la République». Elle «vise à franchir une étape supplémentaire dans la construction d’un modèle de développement fondé sur la connaissance, l’innovation et la maîtrise des technologies émergentes».

Ce qui ressort du document, c’est l’architecture retenue. La stratégie repose sur «trois leviers structurants» : la donnée, les infrastructures numériques et les compétences humaines. Trois piliers présentés comme «les fondements de toute capacité nationale durable en intelligence artificielle». Rien de révolutionnaire dans cette grille de lecture — c’est peu ou prou le triptyque adopté par tous les pays qui ont formalisé une politique publique en matière d’IA. Mais le mettre noir sur blanc dans un cadre gouvernemental algérien est en soi un signal.

Une fois adoptée en Conseil des ministres, la stratégie «fera l’objet de plans d’actions pour son déploiement opérationnel selon des priorités et un rythme de progression préétabli», précise le communiqué. Ce que le gouvernement présente aujourd’hui est un cadre stratégique.

Le second point à l’ordre du jour est plus concret, et peut-être plus immédiatement perceptible par les citoyens. Le gouvernement a examiné le plan de déploiement de «Dzair digital services», le portail national des services numériques accessible en version web et mobile. Le texte officiel insiste sur «l’importance de la consolidation de la dynamique de numérisation et l’élargissement de l’offre de services» afin de «fournir aux citoyens des prestations de qualité et une utilisation simple». L’objectif affiché est triple : réduire les déplacements, simplifier les procédures, améliorer la transparence administrative.

La concomitance des deux dossiers en une seule réunion n’est pas anodine. Elle signale une volonté de cohérence : la stratégie IA d’un côté, sa déclinaison concrète dans les services publics de l’autre. Dzair digital services devient, dans cette logique, le premier terrain d’application visible pour le citoyen ordinaire.

Ce n’est pas la première fois que l’Algérie annonce un virage numérique. Mais le contexte a changé. Le rapport publié ce même mois par le think tank américain New Lines Institute for Strategy and Policy plaçait l’Algérie parmi les puissances technologiques émergentes du continent, en s’appuyant sur ses 57 000 étudiants formés en IA et ses ambitions déclarées pour 2030. La réunion de lundi donne à ces projections un début de traduction institutionnelle.

Malik Meziane

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