Palestine occupée : L’occupation resserre son étranglement
Alors que le cessez-le-feu n’a pas mis fin aux souffrances du peuple palestinien, une nouvelle semaine s’ouvre sous le signe de la violence et de l’asphyxie. À Ghaza, en Cisjordanie, à El-Qods, l’occupation sioniste resserre son étau sur tous les fronts. Le compte est macabre et il ne cesse de s’alourdir. Depuis le 7 octobre 2023, l’agression génocidaire sioniste contre la bande de Ghaza a fait 72.117 martyrs et 171.801 blessés, en majorité des femmes et des enfants, selon le bilan communiqué mercredi par les autorités sanitaires palestiniennes. Même le cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre dernier n’a pas mis fin au carnage : depuis cette date, 633 Palestiniens ont encore été tués et 1.703 autres blessés, tandis que les corps de 753 martyrs ont été récupérés des décombres. De nombreuses autres victimes restent encore ensevelies sous les ruines. C’est dans ce contexte d’horreur que le Commissaire général de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, a de nouveau sonné l’alarme depuis New York. Dans un message publié mardi sur les réseaux sociaux, il a dénoncé « un nouvel étranglement de Ghaza », après que l’entité sioniste ait renouvelé son interdiction d’entrée des fournitures dans l’enclave palestinienne. « Après plus de 2 ans de souffrances indicibles et d’une famine d’origine humaine qui s’étend, la population manque toujours des fournitures les plus élémentaires, malgré l’augmentation de l’aide depuis le cessez-le-feu », a-t-il écrit, rappelant que ses équipes sur le terrain « continuent de fournir des soins de santé, de l’éducation et de l’eau potable », mais qu’elles « doivent être autorisées à faire bien davantage, et certainement pas moins. »
L’avenir de Ghaza ne se négociera pas sans les Palestiniens
À Genève, des experts onusiens ont pris position avec force sur la question de la reconstruction. Dans un communiqué publié mardi, des rapporteurs spéciaux des Nations unies — parmi lesquels Francesca Albanese, Balakrishnan Rajagopal et Michael Fakhri — ont affirmé que « le droit des Palestiniens à l’autodétermination est inaliénable, ce n’est pas un privilège conditionnel. » Ils ont exigé que « la prise de décision concernant la reconstruction et l’avenir de Ghaza soit entre les mains des Palestiniens », rejetant toute logique d’imposition étrangère. Les experts ont également appelé les dirigeants internationaux à « cesser de spéculer sur Ghaza comme un paradis immobilier », une allusion à peine voilée aux projets de réaménagement évoqués par certaines puissances. Ils ont désigné les responsabilités sans ambiguïté : « En tant qu’agresseur et puissance occupante, cette responsabilité commence avant tout par l’entité sioniste et les États qui lui ont fourni un soutien militaire. » Pendant ce temps, en Cisjordanie occupée, la répression ne connaît pas de répit. Les forces d’occupation sionistes ont mené mercredi des incursions dans des dizaines de villes, villages et camps de réfugiés, d’El-Khalil au sud à Nablousse au nord, procédant à des arrestations massives, des fouilles et des saccages de domiciles. À Tubas, des colons armés et en tenues militaires ont fait irruption dans des habitations du village d’Al-Aqba, menaçant leurs occupants d’expulsion. Le bilan du seul mois de février est accablant : selon la Commission de résistance au mur et à la colonisation, 1.965 agressions ont été recensées en Cisjordanie, dont la démolition de 122 structures et l’émission de 49 nouveaux ordres de démolition.
À El-Qods occupée, la mosquée Al-Aqsa demeure fermée pour le 5e jour consécutif. Les forces sionistes empêchent les fidèles d’accéder au troisième lieu saint de l’islam, dans un contexte de bouclage généralisé de la Cisjordanie décrété par l’armée d’occupation. Prières interdites, esplanades verrouillées, vieille ville sous contrôle militaire : la volonté d’humiliation ne se dissimule plus derrière aucun prétexte.
Lyes Saïdi

