Économie

L’Algérie déploie sept navires de pêche en Mauritanie

Sept chalutiers algériens s’apprêtent à mouiller dans le port mauritanien de Tanit pour exploiter un quota de 31 120 tonnes de ressources halieutiques. Une première concrète, fruit d’un accord bilatéral signé en marge de la 20e session de la Grande Commission mixte algéro-mauritanienne. Le ministre de l’Agriculture, Yacine El-Mahdi Oualid, s’est rendu à Nouakchott pour constater lui-même l’état de préparation des infrastructures d’accueil.

La visite, qui s’est tenue en marge de la 34e Conférence régionale de la FAO pour l’Afrique, n’avait rien d’une tournée protocolaire. Accompagné de son homologue mauritanien Mohamedou Ould M’haimid, le ministre de l’Agriculture a inspecté le port de Tanit, futur point d’ancrage de la flottille algérienne, en présence des armateurs directement concernés par la mise en œuvre de l’accord. Il s’est enquis des capacités de réception et de conditionnement du poisson, des équipements logistiques disponibles, et des conditions offertes aux opérateurs des deux pays. L’enjeu dépasse largement la question du tonnage. L’Algérie importe une part significative de sa consommation de produits de la mer, et son secteur halieutique, concentré sur une façade méditerranéenne relativement étroite, peine à répondre à une demande intérieure en hausse. L’accès aux eaux mauritaniennes, parmi les plus poissonneuses de l’Atlantique africain, offre à la flottille nationale une profondeur de chasse qu’elle n’a pas sur ses propres côtes. Pour les armateurs algériens, c’est une ouverture rare vers des zones de pêche nouvelles et, théoriquement, vers une montée en gamme de la production.

Le ministre n’a pas manqué de souligner les perspectives commerciales que porte l’accord. Il a déclaré que ce protocole «ouvrira de larges perspectives aux investisseurs des deux pays pour renforcer la coopération économique», formule diplomatique qui recouvre une ambition plus précise : faire du partenariat halieutique un levier d’investissement commun, en aval de la pêche, dans la transformation et la logistique. La rencontre avec les membres de la Fédération nationale de la pêche mauritanienne et les acteurs privés impliqués dans l’accord allait dans ce sens.

Reste à transformer l’essai. L’accord est signé, le port identifié, les navires prêts à appareiller. Pour Alger, l’heure est au volontarisme. Le secteur de la pêche figure parmi les priorités affichées du gouvernement dans sa stratégie de diversification économique, et le partenariat avec Nouakchott s’inscrit dans une dynamique plus large de rapprochement avec les pays du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. La Mauritanie, de son côté, cherche à valoriser ses ressources marines au-delà des seuls accords avec l’Union européenne, qui dominent historiquement son secteur halieutique.

Lyna Larbi

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *