Agriculture : Oualid déclare la guerre à la bureaucratie
Yacine Oualid hausse le ton contre les blocages administratifs qui paralysent le secteur. Le jeune ministre annonce un plan en cinq points pour alléger le poids de la bureaucratie sur les agriculteurs algériens. Le ministre de l’Agriculture s’est attaqué ce mercredi, dans un post publié sur ses réseaux sociaux, à l’un des maux les plus profonds qui freinent le développement agricole en Algérie : la bureaucratie. Un diagnostic sans concession, assorti d’une feuille de route concrète, qui tranche avec la langue de bois habituelle.
Le constat de départ est chiffré et implacable. L’agriculture représente aujourd’hui 15 % du produit intérieur brut national, ce qui en fait un pilier incontournable de l’économie algérienne. Dès lors, « tout obstacle aux agriculteurs nuit directement à l’économie nationale », avertit le ministre. Et les obstacles, en l’occurrence, portent un nom : les réflexes de procrastination et les lourdeurs administratives qui gangrènent encore trop souvent les services en charge de la gestion du secteur. « Il n’est pas possible de construire une économie forte avec la culture du ‘revenez demain' », écrit-il sans détour, visant directement ces pratiques héritées d’une administration qui a longtemps fait de l’ajournement une seconde nature. Oualid ne s’arrête pas au diagnostic. Il nomme les responsables. Ce qu’il appelle « les bureaucrates » sont, selon lui, des agents qui « maîtrisent parfaitement l’art de se dérober », au mépris de leur mission première. « Le rôle de l’administration, en particulier dans le secteur agricole, est de trouver des solutions pour les citoyens, et non de chercher des excuses », rappelle-t-il avec fermeté, fixant ainsi un cap moral autant qu’opérationnel à ses équipes.
Pour passer des mots aux actes, le ministre a dévoilé une feuille de route structurée autour de cinq axes. Il entend d’abord simplifier les procédures administratives existantes et supprimer celles qui sont jugées inutiles, puis numériser l’ensemble des démarches pour les rendre accessibles et traçables. Il prévoit également la fixation de délais clairs et contraignants pour l’examen des dossiers, l’adoption d’indicateurs de performance — les fameux KPI, ou key performance indicators — pour tous les responsables à l’échelon local, et enfin l’ouverture de davantage d’opportunités aux jeunes talents au sein des structures agricoles. Ces annonces ne sont pas restées au stade des intentions. La veille, lors d’une visite de travail à Blida, Oualid avait rencontré un agriculteur qui peinait à obtenir sa carte de fellah, ce sésame indispensable à l’accès aux aides et dispositifs d’accompagnement du secteur. Le ministre a ordonné que la carte lui soit délivrée le jour même. Un geste symbolique, mais qui dit long sur la méthode qu’il entend imposer : celle du résultat immédiat, à rebours de la culture du renvoi systématique.
Amar Malki

