Journée internationale des femmes : Un colloque met en lumière le rôle des Algériennes dans l’innovation
L’Institut national de la propriété industrielle et le Bureau extérieur de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle en Algérie ont organisé dimanche un colloque consacré au rôle de la femme dans l’innovation et la promotion de l’entrepreneuriat, à l’occasion de la Journée internationale des femmes célébrée le 8 mars. Cette rencontre a permis de mettre en avant les réussites de porteuses de projets et d’innovatrices algériennes qui ont su protéger leurs innovations et les transformer en produits commercialisables. La rencontre s’est déroulée au siège du Bureau de l’Organisation à Alger avec la participation de plusieurs porteuses de projets ainsi que des innovatrices ayant réussi à protéger leurs innovations et à les transformer en produits commercialisables, en présentiel ou par visioconférence. L’événement a constitué une vitrine pour valoriser les contributions féminines au développement scientifique et économique du pays.
Dans une allocution prononcée à cette occasion, le directeur du Bureau extérieur de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle en Algérie, Mohamed Salek Ahmed Ould Othman, a souligné la nécessité de combler le fossé entre les femmes et les hommes dans le domaine de l’innovation. Il a relevé que la femme ne représente actuellement qu’environ un inventeur sur six parmi ceux inscrits dans les demandes de brevets internationaux, ce qui signifie que « l’humanité ne bénéficie pas de l’ensemble de ses capacités créatives ». Bien que l’écart entre les sexes se soit réduit au cours des deux dernières décennies en matière d’enregistrement de brevets, les niveaux de progrès ont été variables d’une région à l’autre, a ajouté le directeur. Il a souligné dans ce contexte que la participation de la femme en Algérie dans les domaines scientifiques et techniques est « considérable », que la proportion d’enseignantes et d’étudiantes est « élevée », et qu’il existe une augmentation « importante » de la participation féminine dans les domaines des affaires et du commerce.
Pour sa part, la représentante de l’Institut national algérien de la propriété industrielle, Hanane Hachemi, a mis en lumière le rôle central que joue la femme dans la promotion de l’entrepreneuriat et de l’innovation en Algérie. Elle a affirmé que l’organisation de cette rencontre visait à exprimer la reconnaissance due à toutes les femmes créatrices et porteuses de projets, chacune dans son domaine. La professeure Djamila Halliche, représentante du Conseil national de la recherche scientifique et des technologies, a salué l’organisation de ce colloque qui contribue à mettre en avant les créations de la femme algérienne et à renforcer la culture de protection de l’innovation et de soutien aux initiatives féminines. Elle a également souligné que cet événement constitue une opportunité pour informer les femmes sur les mécanismes d’accompagnement et de financement disponibles, et pour les sensibiliser à l’importance de protéger leurs idées, de les valoriser et de les transformer en projets économiques. Au cours de cette rencontre, des parcours de réussite de femmes ayant su tracer leur chemin avec détermination dans le monde de l’innovation et de l’entrepreneuriat ont été présentés. Parmi les participantes figurait la professeure Louiza Boudiba, de l’université de Tébessa, spécialisée en chimie des matériaux organiques, qui a déposé onze brevets d’invention. La professeure Boudiba a présenté un exposé sur certaines de ses inventions, dont un dispositif de dessalement des eaux souterraines salées fonctionnant sans énergie électrique. Cet appareil peut contribuer à résoudre le problème des puits abandonnés dans les zones rurales en raison de leur salinité, permettant ainsi de valoriser ces ressources hydriques inexploitées. Elle a également évoqué une autre invention concernant un produit qui peut être fabriqué localement, destiné au nettoyage des membranes utilisées dans le dessalement de l’eau de mer pour éliminer les impuretés. L’intervenante a précisé que le produit actuellement utilisé dans les stations de dessalement est importé de l’étranger, soulignant ainsi l’intérêt économique de son innovation qui permettrait de réduire la dépendance aux importations. Ces témoignages illustrent la capacité des femmes algériennes à conjuguer excellence scientifique et vision entrepreneuriale. Les inventions présentées répondent à des besoins concrets de l’économie nationale, qu’il s’agisse de valoriser les ressources en eau dans les zones arides, de réduire la dépendance aux importations dans le secteur stratégique du dessalement, ou de créer de nouveaux produits agroalimentaires à partir de ressources locales.
Chokri Hafed
