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Judo : Ouikène en argent, Abouriche en bronze à Rome

En une même journée romaine, deux karatékas algériennes ont gravi le podium de l’une des compétitions de kumité les plus relevées du circuit mondial. Un doublé qui confirme que le karaté féminin algérien a définitivement changé de dimension.

Le tournoi international « One Premier League », qui réunit sur ses tatamis les meilleurs spécialistes mondiaux du kumité, a livré dimanche ses verdicts dans les catégories féminines avec, au bout du compte, deux médailles algériennes. Cylia Ouikène (-50 kg) a décroché l’argent après une finale âprement disputée, tandis que Louisa Abouriche (-55 kg) a conquis le bronze au terme d’un duel tranché par les juges-arbitres. Deux couleurs, une seule lecture : le karaté féminin algérien s’installe durablement dans l’élite mondiale. C’est Cylia Ouikène qui avait ouvert la voie. La jeune karatéka de 22 ans, actuellement classée troisième mondiale dans sa catégorie, a traversé la compétition avec la régularité et la maîtrise que l’on attend d’une athlète de son rang. Versée dans la poule N6, elle a d’abord neutralisé la Turque Ozdemir Muserref sur le score d’un point à zéro, avant d’imposer sa domination face à la Mexicaine sur un cinglant neuf à un, puis de conclure sa phase de groupes en écartant l’Italienne Agus Asie deux à zéro. Trois victoires, aucun accroc : Ouikène abordait les phases à élimination directe en conquérante. La suite a confirmé l’impression. En quarts de finale, la représentante de Taipei, Chan Hsin-Yu, n’a pu résister à son jeu précis, battue un à zéro. En demi-finale, l’Italienne Legitimo Ludovica, évoluant à domicile devant son public, a subi le même sort sur le score de deux à un. Ouikène s’était frayé un chemin jusqu’à la finale sans concéder la moindre défaite — cinq combats, cinq succès. La médaille d’or semblait à portée. C’est en finale que le rêve s’est arrêté. La Vénézuélienne Salazar Yorgelis, au terme d’un combat disputé, s’est imposée six à trois. Un score qui traduit la domination de la Sud-Américaine sur ce dernier duel, sans effacer ce qu’Ouikène avait accompli pendant toute la journée. L’argent, au niveau d’un tournoi Premier League où les meilleures nations du monde sont représentées, est une performance de premier plan pour une athlète qui n’a pas encore atteint la plénitude de sa carrière.

Louisa Abouriche, elle, a pris un chemin différent vers le podium. Eliminée en demi-finale par l’Italienne Lallo Viola sur le score de cinq à un, la karatéka de la catégorie -55 kg s’est retrouvée dans le match pour la troisième place face à la Russe Sofia Liaskalo. Un combat serré, terminé sur un score nul de zéro à zéro, et c’est la décision des juges-arbitres qui a tranché en sa faveur. Bronze acquis au mérite, dans la discipline et la concentration que requiert ce type de duel sans filet. Dans cette catégorie, la médaille d’or est revenue à la Bosniaque Sipovic Nejra, devant l’Italienne Lallo Viola et l’Egyptienne Youssef Ahlam, deuxième médaillée de bronze.

Sept athlètes avaient fait le déplacement — quatre hommes et trois femmes — pour affronter ce que le circuit mondial du kumité compte de mieux. Aux côtés d’Ouikène et d’Abouriche, Rayane Sekouar (-50 kg) complétait le trio féminin, tandis que Hocine Daikhi (+84 kg), Anis Helassa (-67 kg), Faleh Midoune (-84 kg) et Oussama Zaid (-75 kg) représentaient les couleurs nationales chez les messieurs. Ce sont les femmes qui auront porté haut le drapeau algérien dans cette édition romaine, rappelant que le renouveau du karaté algérien se joue aussi, et peut-être d’abord, sur les tatamis féminins.

Pour Cylia Ouikène, troisième mondiale à 22 ans et désormais vice-championne d’un tournoi Premier League, la trajectoire est celle d’une athlète qui se rapproche méthodiquement du sommet.

M. Dahleb

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