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Annaba : Le projet de tramway sort de l’impasse

Après plusieurs années de gel, le ministre de l’Intérieur annonce la réinscription du projet parmi les chantiers prioritaires.

Le projet de tramway d’Annaba, longtemps demandé par les habitants de la wilaya et tout aussi longtemps enlisé dans les arcanes administratives, connaît un nouveau souffle. Dans une réponse écrite datée du 26 février 2026, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a officiellement annoncé la réinscription de ce projet parmi ceux relevant du ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base. Une décision saluée comme un signal fort après des années d’attente.,Cette annonce fait suite à une interpellation du député Ali Mouelhi, élu du Front de la Justice et du Développement, qui avait sollicité des éclaircissements sur la levée du gel frappant ce projet depuis plusieurs années. Sur le terrain, le bureau exécutif du parti à Annaba avait multiplié les démarches pour alerter les autorités sur la crise des transports dans la wilaya, devenue une préoccupation majeure pour les habitants. Le bureau local du Front de la Justice et du Développement a d’ailleurs souligné que cette réponse « claire et rassurante » était « la première du genre depuis le début de la soumission de cette préoccupation ».

Des avancées concrètes semblent désormais se dessiner. Le suivi technique du projet a été confié à l’entreprise Métro d’Alger, tandis qu’une étude de faisabilité est en cours afin d’actualiser le tracé et de l’adapter aux nouvelles réalités urbaines, marquées par l’extension de plusieurs zones à forte densité de population : El Bouni, Boukhadra 3, Sidi Amar, la nouvelle ville Ben Mostefa Benaouda, Kalitoussa, El Gantera, El Barka Zarga et Aïn Djebara.

Dans sa réponse, le ministre Saïd Sayoud a précisé que le projet prévoit la réalisation d’une ligne de 21,8 km comprenant 34 stations, reliant le quartier Oued El Kouba à la gare routière du port, en desservant les points névralgiques de la ville : le boulevard du 1er Novembre, le parc d’attractions, le pôle universitaire, ainsi que les communes d’El Bouni et le rond-point de Sidi Brahim. Il a également indiqué que les études techniques ont été réalisées par le bureau d’études sud-coréen Dohwa, que le tracé de la première ligne a déjà été validé par la commission de wilaya compétente, et qu’une étude de faisabilité a été finalisée et transmise pour approbation.

Le ministre a par ailleurs rappelé que ce projet avait été inscrit dans la loi de finances de 2014, mais que son lancement n’avait pas pu être concrétisé en raison de l’absence de décision de financement. Cette précision éclaire la longue traversée du désert d’une infrastructure pourtant indispensable à la mobilité des habitants d’une wilaya en pleine expansion urbaine. Cette annonce intervient dans un contexte de mobilisation soutenue de la société civile et des élus locaux, qui ont plaidé pour la relance du projet, notamment à travers une pétition adressée au président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Pour les Annabis, habitués depuis des années à un réseau de transport saturé et vieillissant, cette réinscription représente bien plus qu’une décision administrative : c’est l’espoir, enfin renouvelé, de voir leur ville dotée d’une infrastructure de transport moderne et durable.

Sofia Chahine

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