Économie

Equip-Auto 2026 : Une filière de la sous-traitance automobile en pleine mutation

La 19e édition du salon Equip-Auto Algérie, qui se tient jusqu’au 2 avril au Palais des expositions d’Alger, révèle une filière automobile en mutation profonde : 40 fabricants algériens de pièces détachées, plus de 500 marques venues de 11 pays, et un taux d’intégration locale que Stellantis entend doubler d’ici la fin de l’année. Le directeur du Salon, Nabil Bey Boumezrag, n’a pas hésité à qualifier cette édition de « la plus importante depuis la création de l’événement », soulignant l’intérêt croissant de marques internationales venues chercher des partenaires locaux pour lancer des projets de production en Algérie. Un afflux de visiteurs en provenance d’Europe, d’Inde, de Turquie et de Chine confirme que le pays commence à apparaître sur les radars des équipementiers mondiaux. Pour Hervé Daigueperce, rédacteur en chef du magazine spécialisé Algérie Rechange et modérateur de l’événement, ce mouvement s’apparente à « une véritable révolution », portée par les transferts de technologie, la professionnalisation du secteur et la normalisation des certifications. Il a également relevé « les premiers signes de relance de l’industrie automobile en Algérie ». C’est Stellantis qui incarne le mieux cette dynamique. Le directeur général de Stellantis Algérie, Salim Ramdani, a décrit « une dynamique en nette progression », centrée sur la construction d’un écosystème industriel durable fondé sur la sous-traitance locale. Les chiffres qu’il avance sont concrets : 26 partenaires algériens déjà sélectionnés — 13 pour l’assemblage, 13 pour l’après-vente —, couvrant des segments aussi variés que les sièges, les faisceaux électriques, les roues, les pièces plastiques et les plaquettes de frein. Le taux d’intégration locale, actuellement à 20 %, devrait atteindre 30 % avant la fin de l’année, notamment grâce au passage en mode CKD prévu pour le modèle Fiat Panda, assemblé à l’usine d’Oran. Cette usine, précise Ramdani, « enregistre le taux de croissance le plus élevé au sein de Stellantis » — une donnée qui, si elle se confirme, transforme le site oranais en argument de poids dans les négociations industrielles à venir.

Le responsable a tenu à dissiper tout malentendu sur la logique qui guide ces choix : le recours aux sous-traitants algériens « n’est pas une contrainte mais une conviction », motivée par la maîtrise des coûts logistiques, la durabilité et la fiabilité de l’approvisionnement. Il a par ailleurs salué « l’amélioration notable des standards de production » chez les partenaires locaux, notamment en matière de qualité et de certification. Pour accompagner cette structuration, plusieurs dispositifs ont été mis en avant lors du salon, dont une plateforme développée par l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat pour faciliter la mise en relation entre industriels et fournisseurs locaux, ainsi que des efforts pour réduire les délais d’homologation en s’appuyant sur des organismes de certification algériens.

S. Aziouez

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