Législatives du 2 juillet : Partis et candidats déjà en campagne !
À sept semaines du scrutin législatif du 2 juillet, les formations politiques algériennes accélèrent leur mise en ordre de bataille. Ce samedi, le Mouvement de la société pour la paix (MSP) a organisé au Palais des expositions d’Alger un forum médiatique au cours duquel il a officiellement lancé son identité visuelle de campagne et présenté les grandes lignes de son programme électoral, placé sous le slogan « Confiance ». Une sortie qui confirme la tendance lourde de ces derniers jours : les partis ne veulent pas laisser passer le temps.
Le président du MSP, Abdelaali Hassani Cherif, a insisté sur l’utilisation de « l’intelligence artificielle » comme outil d’accompagnement de la campagne, un positionnement qui dit quelque chose sur l’état d’esprit du mouvement : ne pas se contenter du terrain mais investir le numérique. Son vice-président, Ahmed Sadouk, a précisé que le dépôt des candidatures s’est déroulé « dans le calme », les signatures nécessaires ayant été réunies dans toutes les wilayas concernées. Le site officiel du parti accompagnera la campagne, et le programme électoral — encore en cours de finalisation selon Hassani Cherif — sera « décliné dans un discours adapté aux priorités des citoyens ».
Deux jours plus tôt, jeudi, c’est le Mouvement El Bina qui avait tenu conférence de presse au siège national de Cheraga. Abdelkader Bengrina y a présenté un programme articulé autour du soutien au processus qu’il désigne sous l’expression « l’Algérie victorieuse », du renforcement du front intérieur et de la préservation de la mémoire nationale. Slogan retenu : « Mobilisons-nous ensemble… l’Algérie triomphe ». L’identité visuelle de campagne a également été dévoilée. Bengrina a appelé ses candidats à « respecter l’éthique politique » et à adopter « un discours raffiné » durant la campagne. Un rappel qui n’est jamais anodin dans un contexte électoral algérien. Pendant ce temps, FFS et PT accléèrent la finalisation des listes et le dépôt des dossiers de candidature de leurs poulains.
Le Rassemblement national démocratique (RND) a choisi une approche différente. Pas de conférence de presse à proprement parler, mais une communication anticipée sur les réseaux sociaux, notamment sur la page Facebook officielle du parti. Son secrétaire général, Monder Bouden, y décline un axe prioritaire : la réforme du système éducatif. Moderniser l’école, élever le niveau de l’enseignement, rapprocher la formation universitaire des besoins de l’économie. Le tout servi dans une charte visuelle soignée, avec hashtags thématiques et diffusion régulière de contenus. En parallèle, le parti relance son émission « Le café politique », format de débat destiné à préparer le terrain avant le lancement officiel de la campagne.
Dernier profil notable dans ce tableau : la Voix du Peuple. Son président, Osmani Lamine, a annoncé qu’il réservera sa conférence de presse au lendemain du 18 mai, avec des « chiffres précis » à la clé. Il ne veut rien précipiter et préfère respecter les délais avant de livrer sa stratégie », soulignant que le dépôt des listes avance à des rythmes différents selon les régions. Ce tour de piste préélectoral, avant même l’ouverture officielle de la campagne, révèle une constante : chaque parti tente de capter l’attention dans un espace médiatique encombré, avec des stratégies qui varient entre mobilisation numérique, transparence affichée et temporisation assumée. Ce qui se joue là n’est pas encore la bataille des urnes mais celle de la visibilité. Et sur ce terrain-là, les positions sont déjà prises.
Malik Meziane

