Il vise à stimuler les investissements mutuels dans les secteurs prioritaires : L’Algérie et l’Espagne scellent un pacte industriel
Le CREA et le patronat espagnol ont signé jeudi à Madrid un mémorandum d’entente qui ouvre la voie à une coopération industrielle structurée entre les deux rives de la Méditerranée. Alors qu’Alger multiplie les signaux en direction des investisseurs étrangers et cherche à réduire sa dépendance aux hydrocarbures, le Conseil du renouveau économique algérien (CREA) et la Confédération espagnole des organisations patronales (CEOE) ont officialisé jeudi 9 avril 2026, dans la capitale espagnole, un mémorandum d’entente destiné à donner une assise institutionnelle à leur coopération bilatérale. Une première entre les deux organisations, qui n’était pas anodine. Le texte signé « établit un cadre de coopération pratique visant à intensifier les échanges commerciaux, à stimuler les investissements mutuels et à accompagner les entreprises des deux pays à identifier et à développer des opportunités d’affaires dans des secteurs à forte valeur ajoutée », selon le communiqué du CREA. En clair, il ne s’agit plus de déclarations d’intention mais d’un dispositif opérationnel, avec des engagements précis. Les deux parties ont ainsi convenu de « lancer l’élaboration d’une feuille de route exécutive, fondée sur l’identification des secteurs prioritaires et la constitution de groupes de travail spécialisés, afin d’assurer le développement de projets de coopération concrets à court et moyen terme ».
L’enjeu central de cet accord réside dans le modèle industriel qu’il ambitionne de faire émerger. Le CREA a présenté à ses homologues espagnols une approche de production conjointe reposant sur la complémentarité des deux économies : l’Algérie prendrait en charge les premières étapes de transformation, notamment les activités à forte consommation énergétique — domaine où elle dispose d’un avantage comparatif évident —, tandis que l’Espagne assurerait les étapes ultérieures à plus forte valeur technologique. L’objectif est d’attirer des capitaux industriels espagnols sans exiger des entreprises concernées qu’elles transfèrent l’intégralité de leurs bases de production.
Chaines de valeurs euro-méditerranéennes
Une logique d’intégration qui tranche avec les schémas classiques de sous-traitance et qui pourrait, si elle se concrétise, ancrer durablement des chaînes de valeur euro-méditerranéennes. Kamel Moula, président du CREA, a placé cette initiative dans une perspective de long terme. « À travers cette initiative, nous concrétisons une vision claire consistant à bâtir des partenariats industriels durables, générateurs de valeur ajoutée et d’emplois en Algérie, fondés sur la coopération entre les deux rives de la Méditerranée », a-t-il déclaré, ajoutant que « cette dynamique permettra de renforcer la compétitivité de nos entreprises, tant algériennes qu’espagnoles, et d’accélérer la diversification des échanges hors hydrocarbures ». Une formulation qui résume bien la double ambition du CREA : créer de l’emploi qualifié en Algérie tout en offrant aux acteurs espagnols un accès à un marché et à des ressources qu’ils ne sauraient ignorer.
Amar Malki

