Politique : Les partis à l’heure des législatives
La convocation du corps électoral pour le scrutin du 2 juillet a déclenché une intense mobilisation partisane. Ce week-end, de Saïda à Alger, en passant par Biskra, Chlef, Tizi-Ouzou, Batna et Barika, formations politiques de toutes tendances ont multiplié rencontres, rassemblements de cadres et sessions statutaires pour engager leurs troupes dans la bataille électorale. Un mouvement qui traduit l’accélération du tempo politique depuis l’annonce officielle du calendrier.
C’est dans un théâtre, celui de Sirat-Boumediene de Saïda, que le secrétaire général du Rassemblement National Démocratique (RND), Mounder Bouden, a choisi de donner le ton. Devant ses militants réunis samedi, il a planté le décor des prochaines semaines en qualifiant le scrutin du 2 juillet d’« étape historique marquante et importante, compte tenu de l’arsenal juridique récemment adopté par les deux chambres du Parlement ». Une mise en perspective qui vise à mobiliser les rangs du parti en inscrivant cette élection dans une dynamique institutionnelle plus large. Bouden a tenu à rassurer ses militants sur les conditions du scrutin, rappelant que « la révision technique de la Constitution, qui a confié l’organisation logistique des élections au ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, a permis à l’Autorité nationale indépendante des élections de se consacrer pleinement à la supervision et à l’organisation du scrutin en toute transparence et intégrité ». Une architecture institutionnelle qui, selon lui, garantit des bases « solides », de nature à « participer sereinement » à la compétition. À Biskra, c’est l’Alliance Nationale Républicaine (ANR) qui tenait sa propre rencontre militante. Son secrétaire général par intérim, Hamza Latrèche, a ancré la démarche électorale de son parti dans une logique de principe, affirmant que « la participation aux prochains rendez-vous électoraux et à leur succès s’inscrit dans le cadre des principes du parti soutenant des institutions élues qui concrétisent la volonté du peuple et contribuent à la réalisation d’une démocratie active et durable ». L’ANR entend se présenter avec des listes portant des programmes « répondant aux préoccupations des citoyens », a-t-il précisé, avant de souligner « l’importance de la forte mobilisation aux prochaines élections par l’élaboration de listes constituées de candidats compétents et engagés » et d’appeler les électeurs à « ne pas rater cette occasion d’exprimer leurs voix et de participer à la prise de décision ».
Plus au nord, à Chlef, le parti El-Fadjr El-Djadid réunissait ses cadres et militants au Musée national Abdelmadjid-Meziane sous la présidence de Tahar Benbaïbeche. Ce dernier a choisi d’élargir le prisme, liant la préparation électorale au contexte géopolitique régional. Il a appelé à « renforcer le front intérieur pour faire face aux campagnes hostiles ciblant le pays », à la lumière « des conjonctures régionales et internationales et de leurs répercussions sur la région ». Sur le plan strictement partisan, il a mis en avant « l’importance d’une bonne préparation aux prochaines échéances électorales et la nécessité de choisir des candidats à la hauteur des aspirations des citoyens ». Benbaïbeche a précisé que cette réunion s’inscrit dans une série de rencontres organisationnelles menées à travers les différentes wilayas du pays, confirmant que le parti est déjà entré en mode campagne.
En Kabylie, le Front des Forces Socialistes (FFS) n’est pas en reste. Son Premier secrétaire national, Youcef Aouchiche, présidait une rencontre avec les cadres et militants à Tizi-Ghenif. Dans un discours aux accents résolument stratégiques, il a présenté la participation aux législatives comme « un acte militant et un engagement conscient pour relever les défis ». Refusant tout repli, il a replacé l’élection dans un contexte de turbulences mondiales : « Dans un contexte où les crises s’enchaînent dans le monde, la construction de la résilience nationale n’est plus un choix, mais une exigence stratégique et historique. Elle ne peut se concevoir qu’autour de deux principes fondamentaux : l’adhésion populaire et la souveraineté nationale. » Aouchiche a conclu en plaidant pour « libérer les initiatives et donner la chance à toutes les énergies de la société, notamment à la jeunesse créative, pour prendre en main les destinées du pays ».
Dans l’Est du pays, à Barika, le parti Talaie El-Hourriyet choisissait le format régional pour fédérer ses structures. Les cadres et coordinateurs de bureaux de sept wilayas — Batna, Constantine, Sétif, Biskra, Jijel, El Oued et El M’ghair — étaient réunis autour du président du parti, Reda Benounane. Ce dernier a appelé à « la synergie des efforts de tous pour servir la nation et renforcer le front intérieur afin de faire face aux différents défis », avant d’exhorter ses troupes à « structurer les bases du parti en préparation des prochaines élections législatives et à participer activement à leur succès ». La tenue d’une rencontre interwilayas traduit une volonté de coordination territoriale que les grandes formations ne négligent pas à l’approche d’un scrutin où l’implantation locale est déterminante.
C’est à Alger, enfin, que Tajamou Amel El-Djazaïr (TAJ) tenait la session ordinaire de son Conseil national. Sa présidente, Fatima Zohra Zerouati, y a fixé la feuille de route : le slogan retenu — « Nous renouvelons l’engagement et nous relevons le défi » — « reflète l’engagement du parti à poursuivre son parcours militant et à renforcer sa présence sur la scène nationale », a-t-elle déclaré. Elle a appelé les militants à « bien se préparer pour les prochaines échéances électorales en intensifiant le travail sur le terrain et en se rapprochant des citoyens », assurant que TAJ participera au scrutin « avec responsabilité et engagement », en proposant aux électeurs « un programme et des alternatives réalistes ».
Au fil de ces rencontres simultanées, dispersées sur l’ensemble du territoire, se dessine une carte de la mobilisation partisane. Si les discours varient dans leur tonalité — institutionnelle ici, géopolitique là, militante ailleurs —, tous convergent vers un même objectif : arriver prêts, et avec des listes solides, pour le rendez-vous du 2 juillet.
Hocine Fadheli

