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Une visite d’État qui consacre Alger comme modèle mondial de tolérance

En accueillant lundi le pape Léon XIV pour la première visite pontificale depuis l’indépendance, l’Algérie s’affirme sur la scène internationale comme un carrefour de civilisations et un modèle de coexistence. Une journée historique saluée à l’unisson par les institutions religieuses, diplomatiques et politiques. La visite du pape Léon XIV en Algérie, classée au rang de visite d’État — le protocole le plus élevé —, a suscité une série de réactions convergentes qui dessinent, en creux, l’image que l’Algérie entend projeter au monde : celle d’une nation souveraine, enracinée dans ses valeurs et ouverte aux autres.

La direction de Djamaa El-Djazaïr a réagi, dans un communiqué qui donne la mesure de l’événement. L’institution a qualifié la visite papale d’«étape marquante» — qui «confirme la reconnaissance mondiale du rayonnement religieux et civilisationnel» de cet édifice. Loin d’une simple satisfaction protocolaire, le communiqué insiste sur le fait que l’Algérie a été choisie comme première étape de la tournée africaine du pape, ce qui confère à la visite «des significations symboliques profondes» et en fait «une occasion renouvelée de promouvoir le dialogue entre les civilisations et de renforcer les ponts de compréhension entre les peuples». La Grande Mosquée a également rappelé l’ancrage identitaire qui rend cette rencontre possible : une Algérie «attachée à sa religion islamique, à son authenticité nationale et à sa référence religieuse modérée et équilibrée», qu’elle partage avec les pays d’Afrique du Nord et du Sahel, faisant d’elle «un espace fédérateur pour un message d’équilibre et de modération».

C’est le cardinal Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger, qui a livré l’analyse la plus complète de la journée. S’exprimant sur la chaîne 3 de la Radio algérienne, il a résumé la visite en trois qualificatifs : «symbolique, spirituelle et politique». Pour ce prélat français naturalisé algérien, la venue du pape dépasse largement le cadre confessionnel : «Il vient pour les Algériens», a-t-il affirmé, précisant que «le souverain pontife s’adresse à la fois aux chrétiens, aux musulmans et à la jeunesse, dans une démarche d’ouverture et de dialogue».

Sur la mémoire coloniale, le cardinal a choisi la clarté : «La présence du pape au Monument des Martyrs constitue un geste fort», a-t-il déclaré, ajoutant sans ambiguïté que «le fait colonial en lui-même est destructeur, est criminel», tout en appelant à «nommer les blessures du passé» pour mieux construire une «fraternité durable».

L’Algérie compte 74 églises

Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Youcef Belmehdi, a lui aussi pris la parole pour inscrire la visite dans le long fil des relations algéro-vaticanes, rappelant qu’elles «remontent à près de cinquante ans». Il a souligné que la visite d’État du président Tebboune au Vatican avait jeté les bases de cet événement, et que l’accueil chaleureux réservé au chef de l’État a par le pape Léon XIV avait témoigné «d’une volonté sincère de consolider les relations humaines et fraternelles entre l’Algérie et le Vatican».

Le ministre a livré des chiffres qui démontent certains préjugés : «L’Algérie compte 74 églises et quatre diocèses», et «les responsables religieux chrétiens n’y subissent aucune marginalisation». Il a conclu sur une note de fermeté : «Cette visite fera taire de nombreuses critiques injustes à l’égard de l’Algérie et contribuera à renforcer sa position aux niveaux régional et international en tant que modèle de modération, de tolérance et de lutte contre l’extrémisme.»

Chokri Hafed

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