Championnats d’Afrique de gymnastiques : Nemour en tête d’affiche
Kaylia Nemour, championne olympique en titre, mène une délégation de vingt athlètes algériens aux 19es Championnats d’Afrique de gymnastique artistique, qui s’ouvrent ce jeudi à Yaoundé au Cameroun et se poursuivent jusqu’au 27 avril.
L’Algérie engage des équipes complètes dans les quatre catégories — seniors et juniors, messieurs et dames — avec des ambitions qui ne se cachent pas, surtout du côté féminin. Il faut dire que Nemour n’arrive pas à Yaoundé comme une simple participante. La gymnaste algérienne est, à ce stade de la saison, l’une des meilleures spécialistes mondiales sur ses deux agrès de prédilection : les barres asymétriques et la poutre. Ses trois dernières étapes en Coupe du monde l’ont confirmé avec une régularité qui force le respect. En Afrique, elle évoluera dans une autre dimension que la plupart de ses concurrentes. La vraie question n’est pas de savoir si elle montera sur le podium, mais sur combien d’appareils elle ira chercher l’or. Au-delà du cas Nemour, sa présence à Yaoundé a une autre signification. La Fédération algérienne de gymnastique (FAG) lui confie aussi une mission moins visible mais tout aussi importante : emmener avec elle une équipe féminine jeune, encore en construction, vers un résultat collectif suffisant pour décrocher une qualification aux Championnats du monde 2026. C’est là que se joue une partie de l’avenir de la discipline en Algérie. Louna Hamames, Léna Khenoun, Sihem Hamidi et Rihab Sidra Sedhane composeront à ses côtés la sélection seniors dames. Elles savent ce qu’on attend d’elles.
Chez les hommes, la délégation seniors s’appuie sur Adam Cogat, Ahmed Riadh Aliouat, H’Mida Djaber, Houssem Hamadouche et Youcef Semmani. Un groupe expérimenté, qui connaît les exigences du circuit africain et se présentera sans complexe dans une compétition qui réunit douze nations. Le Cameroun, pays hôte, l’Égypte, l’Afrique du Sud, la RD Congo, la Namibie, la Tunisie, le Mali, le Zimbabwe, le Togo, le Maroc et le Sénégal : le plateau est dense, et plusieurs de ces sélections ont sensiblement progressé ces dernières années. Ce qui frappe dans la composition de la délégation algérienne, c’est aussi le volume de la filière junior. Dix jeunes gymnastes font le déplacement au Cameroun, cinq garçons et cinq filles. Chez les garçons, Yacine Djouabi, Rayan Amoura, Ilies Hichem Lakehal, Ishak Bennila et Mohamed Hamadouche portent les espoirs d’une génération qui doit maintenant apprendre à performer sous pression, loin de chez elle, face à d’autres nations qui investissent elles aussi massivement dans leur jeunesse. Chez les juniors filles, Melissa Djadi, Sabrinel Ifticen, Yelena Ifticen, Shanice Benramdane et Djana Ritedj Ouail forment un groupe qui mérite attention. La présence des deux sœurs Ifticen dans le même groupe n’est pas anecdotique : c’est souvent dans ces configurations-là que des talents s’accélèrent.
Le programme de la journée inaugurale, ce jeudi, est consacré aux qualifications seniors — messieurs et dames — ainsi qu’aux finales par équipes et au concours général. La compétition entre dans le vif du sujet dès les premières heures.
L’Algérie n’envoie pas vingt gymnastes à Yaoundé pour faire de la figuration. Elle y envoie une équipe, avec une tête d’affiche planétaire et une arrière-garde qui grandit. Ce genre de rendez-vous continental sert précisément à ça : tester ce qu’on a, mesurer ce qui manque encore, et rentrer avec des titres si le travail a été fait.
M. Dahleb

