Campagne électorale : Souveraineté nationale, gouvernance et emploi au cœur du discours
Souveraineté nationale, bonne gouvernance, lutte contre la corruption, développement local, emploi et représentativité parlementaire : ce sont les principaux thèmes que les partis politiques en lice pour les législatives du 2 juillet ont mis en avant, mardi, dès le premier jour de la campagne électorale. Meetings, conférences de presse et activités de terrain ont marqué ce coup d’envoi dans plusieurs wilayas du pays. Depuis Illizi, où il animait un meeting à la Maison de la culture Othmane-Bali, le secrétaire général du Rassemblement national démocratique, Monder Bouden, a présenté le slogan retenu pour la campagne : « Arwah Maâna » (Rejoignez-nous). Selon lui, cette formule traduit la conviction du parti que « la construction de l’État et de ses institutions ainsi que la définition de son avenir constituent une responsabilité collective ». Il a mis en avant l’engagement du RND dans le travail de terrain, affirmant que les citoyens ont « accueilli favorablement » le parti « pour son choix d’action sur le terrain et de rester attentif à leurs préoccupations ». M. Bouden a également abordé la question de l’intégrité du scrutin, saluant la volonté politique de lutter contre « l’intrusion de l’argent dans la politique » et les « sources d’influence illicite » sur le processus électoral. Il a par ailleurs insisté sur l’importance stratégique des wilayas frontalières, estimant qu’Illizi et ses semblables constituent « la première ligne de défense du pays ». Un second meeting l’attendait dans la soirée à Djanet.
À Alger, le président du Mouvement de la société pour la paix, Abdelaali Hassani Cherif, a détaillé lors d’une conférence de presse les contours d’un programme placé sous le mot d’ordre « Confiance ». Les candidats du mouvement, présentés comme « compétents et crédibles » et issus en bonne part des rangs des jeunes et des femmes, porteront selon lui « une vision politique au service de la patrie, fondée sur le renforcement de la confiance à travers la consécration de la bonne gouvernance, des libertés, de la justice et de la lutte contre la corruption ». Sur le plan institutionnel, le MSP défend la constitution d’« un Parlement représentatif » et l’investissement dans « les richesses du pays » pour « édifier un État émergent disposant de toutes les compétences nécessaires pour façonner l’avenir ». M. Hassani Cherif a également demandé aux militants chargés de la campagne de fonder leur discours sur « le legs culturel et éducatif ainsi que sur le système de valeurs de la société algérienne ».
À Constantine, le secrétaire général du mouvement Ennahda, Mohamed Dhouibi, a ouvert sa campagne depuis le siège de la permanence du parti dans la commune de Zighoud-Youcef. Il a défendu l’idée qu’« élire des institutions fortes grâce à une forte participation des citoyens est le meilleur moyen d’atteindre les grands objectifs » du pays. Son slogan, « Ensemble pour une Algérie forte », résume selon lui un programme orienté vers le pouvoir d’achat et les services publics : logement, santé, transports, hydraulique. M. Dhouibi a précisé que le mouvement s’engage à accompagner les futurs élus « par l’orientation et le suivi » pour qu’ils « accomplissent leur devoir conformément à la Constitution » et relaient les préoccupations des citoyens au gouvernement et aux walis.
La présidente de Tajamou Amel El Djazair, Fatima Zohra Zerouati, a consacré sa première journée de campagne à la wilaya de Bouira, inaugurant un nouveau siège du parti avant de sillonner les communes de Sour El-Ghouzlane, Aïn Bessam, Taghzout et El Hachimia. Elle a qualifié ce scrutin de « phase importante qui met la classe politique face à de grands défis », dont celui de « répondre aux aspirations des citoyens en matière de développement et d’emploi ». Son programme en douze points place au premier rang « la valorisation de la famille et de la jeunesse », qu’elle considère comme « l’essence même de la société ». Elle a appelé à voter « massivement » pour des candidats qui, dit-elle, « sont prêts à honorer leurs engagements et à servir la société avec responsabilité ».
La campagne durera trois semaines et s’achèvera trois jours avant le scrutin, conformément à la loi organique relative au régime électoral. Elle se déroule sous la supervision de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), avec un dispositif juridique destiné à garantir l’intégrité du processus et l’égalité des chances entre candidats. Meetings de terrain, présence sur les réseaux sociaux et passages dans les médias audiovisuels rythmeront les semaines à venir. Dès mardi soir, le secrétaire général du FLN, Abdelkrim Benmbarek, animait un meeting à In Guezzam, tandis que le Front El Moustakbal et le MSP tenaient les leurs respectivement à Djanet et à Timimoun.
Hocine Fadheli

