Politique

La campagne s’ouvre sur un droit électoral refondu

La campagne électorale pour les législatives du 2 juillet a débuté ce mardi, 23 jours avant le scrutin. Elle se clôturera le 28 juin, conformément à la loi organique relative au régime électoral. Les candidats entament dès aujourd’hui la présentation de leurs programmes, dans un cadre juridique profondément remanié depuis la dernière consultation. Le processus avait été enclenché le 4 avril, par décret présidentiel convoquant le corps électoral. L’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) avait ouvert le retrait des dossiers de candidature le 8 avril, avant le lancement de la révision exceptionnelle des listes électorales du 12 au 26 avril. Le dépôt des candidatures a expiré le 18 mai. L’ANIE a publié un premier bilan des dossiers examinés le 1er juin, puis accordé jusqu’au 6 juin aux listes recalées pour déposer des candidatures de remplacement. Le jour du scrutin, le 2 juillet, referme le calendrier. Ce processus se déroule sous l’empire d’une loi électorale amendée qui modifie plusieurs paramètres fondamentaux du jeu politique. La réforme la plus visible touche à l’ANIE elle-même : le nombre de membres de son Conseil passe de vingt à dix, avec la création d’un bureau exécutif composé d’un président et de deux membres. La nouvelle loi impose par ailleurs une «expérience dans le domaine électoral» comme condition d’accès au Conseil, et cantonne désormais l’administration à un rôle de soutien logistique, sans implication dans la gestion des opérations.

Sur le fond, les amendements touchent à la constitution des listes. Le nombre de signatures requises a été réduit, et les dix wilayas nouvellement créées ont été exemptées de certaines de ces conditions, en raison de leurs spécificités géographiques et démographiques. L’ordre de classement des candidats au sein d’une liste, qui reposait auparavant sur l’ordre alphabétique, relève désormais de la décision interne des partis et des indépendants, selon des critères de compétence et de déploiement stratégique. La liberté de l’électeur de choisir son candidat au sein de la liste reste entière.

Le taux de représentation féminine est fixé à un tiers des listes, avec des dispositions transitoires pour les circonscriptions où cette condition ne peut être pleinement satisfaite. En contrepartie, les exigences d’intégrité se durcissent : les candidats doivent justifier de leur situation fiscale. La loi introduit également des mécanismes de dépouillement électronique et l’insertion progressive du Numéro d’identification national sur les cartes d’électeur, pour prévenir les doublons et accélérer la proclamation des résultats.

Ces réformes ont été initiées par le président Abdelmadjid Tebboune, qui avait affirmé lors de sa dernière rencontre avec les médias nationaux que «toutes les conditions étaient réunies pour garantir l’intégrité des élections législatives». Elles s’inscrivent dans un train de textes qui comprend également la loi sur les partis politiques et le nouveau découpage administratif avec la répartition des sièges parlementaires.

Malik Meziane

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