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Ghaza : Le massacre continue

Treize Palestiniens tués samedi dans des frappes des forces d’occupation israéliennes sur la bande de Ghaza, dont huit dans une seule attaque contre un véhicule de police à Khan Younès. Le bilan total depuis le 7 octobre 2023 atteint désormais 72.585 martyrs et 172.370 blessés, en majorité des femmes et des enfants. Pendant ce temps, en Cisjordanie occupée et à Deir Al-Balah, 1,5 million de Palestiniens étaient appelés aux urnes pour des élections municipales — premières depuis le début de la guerre génocidaire sioniste.

Les autorités sanitaires palestiniennes ont communiqué samedi un nouveau bilan qui alourdit encore des chiffres déjà insoutenables. En 48 heures, 17 corps de martyrs et 32 blessés supplémentaires ont été transférés vers les hôpitaux de Ghaza. Les équipes de secours signalent que de nombreuses autres victimes se trouvent encore sous les décombres — une formule devenue sinistrement routinière depuis dix-neuf mois. L’attaque de Khan Younès illustre la nature de cette offensive. Un véhicule de police ciblé en plein jour, huit morts en un seul tir. Les forces d’occupation sionistes ne distinguent plus — si tant est qu’elles aient jamais cherché à distinguer — entre combattants et civils, entre infrastructures militaires et services de maintien de l’ordre. Khan Younès, déjà rasée en grande partie lors des offensives précédentes, continue d’absorber des frappes que rien dans le droit international humanitaire ne saurait justifier. Le cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre dernier n’a pas mis fin aux violences. Depuis cette date, les autorités palestiniennes recensent 809 martyrs supplémentaires et 2.267 blessés. Les corps de 761 martyrs ont été récupérés depuis lors. Un cessez-le-feu qui tue près de 900 personnes en six mois et demi n’est pas un cessez-le-feu — c’est une guerre à régime réduit, menée sous couvert d’un accord que l’occupant viole méthodiquement sans que la communauté internationale y trouve à redire autrement que par des déclarations.

À quelques dizaines de kilomètres de là, en Cisjordanie occupée, la journée avait une autre allure. Près de 1,5 million de Palestiniens inscrits sur les listes électorales étaient appelés à désigner leurs maires et conseillers municipaux — les premières élections depuis que la guerre a éclaté à Ghaza en octobre 2023. À Deir Al-Balah, dans la bande de Ghaza, 70.000 électeurs supplémentaires participaient au scrutin, selon la commission électorale centrale de Ramallah. Les images de l’AFP prises dans la matinée à Al-Bireh montraient des électeurs arrivant au compte-gouttes dans les bureaux de vote — un tableau qui dit quelque chose sur l’épuisement d’un peuple contraint de faire fonctionner ses institutions sous occupation militaire permanente. Ces conseils municipaux ne légifèrent pas. Ils gèrent l’eau, l’assainissement, les routes. Faute d’élections présidentielles et législatives depuis 2006 — vingt ans d’immobilisme institutionnel —, ils restent l’une des rares structures démocratiques encore fonctionnelles sous l’Autorité palestinienne. Le coordonnateur spécial adjoint de l’ONU pour le processus de paix, Ramiz Alakbarov, a salué «une occasion importante pour les Palestiniens d’exercer leurs droits démocratiques, à un moment particulièrement difficile». L’Union européenne a évoqué «une étape importante vers une démocratisation plus large et un renforcement de la gouvernance locale». Des formules prudentes pour désigner ce qu’elles sont : des élections municipales organisées sous occupation, sans souveraineté, sans État, et pendant qu’une partie du peuple palestinien est exterminée à Ghaza, et qu’un nettoyage ethnique est mené méthodiquement en Cisjordannie. La plupart des listes candidates sont affiliées au Fatah, le parti de Mahmoud Abbas au pouvoir depuis 2005, ou se présentent sans étiquette.

L.S.

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