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Mali : Attaques simultanées sur plusieurs villes

Des attaques simultanées ont visé samedi matin plusieurs sites militaires maliens à Bamako, Kati, Gao et Kidal. Le Front de libération de l’Azawad revendique la prise de contrôle de plusieurs positions, dont des secteurs de Kidal. L’armée malienne affirme que la situation est sous contrôle. Les informations restent difficiles à vérifier de manière indépendante. Samedi matin, des tirs nourris ont été entendus à proximité de l’aéroport international Modibo-Keïta de Bamako, situé près d’une base aérienne. À Kati, fief militaire du pays où réside le général Assimi Goïta, chef de la junte au pouvoir depuis 2021, des habitants ont rapporté des explosions dès l’aube. L’ambassade américaine a appelé ses ressortissants à se mettre à l’abri. L’armée malienne a d’abord évoqué des attaques de «groupes terroristes armés non identifiés» contre des casernes et plusieurs positions, avant d’assurer en fin de journée que la situation était maîtrisée. Cette formulation — «non identifiés» — tranche avec les revendications explicites et détaillées publiées dans la même journée par le Front de libération de l’Azawad.

Le porte-parole du mouvement, Mohamed El Mouloud Ramadan, a affirmé que ses forces avaient «pris position à Kidal et dans certains secteurs de Gao», revendiqué la destruction d’un hélicoptère gouvernemental et appelé la population civile à «rester calme et à s’éloigner des zones militaires», précisant que «nos opérations ciblent exclusivement ces positions». Dans le même communiqué, il a adressé un message direct au Niger et au Burkina Faso — alliés de Bamako au sein de l’Alliance des États du Sahel — les appelant à «ne pas intervenir dans les événements en cours».

À Kidal, ville stratégique du nord, des sources concordantes proches du mouvement affirment que le siège du gouvernorat est passé sous contrôle azawadien. L’Associated Press rapporte des entrées de combattants armés dans la ville et des échanges de tirs avec l’armée malienne. Reuters évoque des attaques «complexes» contre des bases militaires et des infrastructures dans plusieurs villes, dont Mopti. Ces informations n’ont pas pu être confirmées de manière indépendante dans l’immédiat.

Des affrontements entre les forces maliennes et les combattants de l’Azawad avaient déjà eu lieu il y a environ six mois, mais ils étaient restés cantonnés au nord du pays. Ce que l’on observe samedi est d’une nature différente : des frappes coordonnées jusqu’au cœur de la capitale.

R.I.

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