Journées nationales de la photographie patrimoniale : Oran célèbre le costume traditionnel algérien à travers l’objectif
Il y a quelque chose de particulier à voir une chedda tlemcénienne ou un burnous du Sud encadrés et accrochés aux murs d’une galerie, traités avec le même soin qu’une peinture. C’est pourtant le pari des premières Journées nationales de la photographie patrimoniale du costume traditionnel algérien, inaugurées samedi soir à la galerie Mekki Abderrahmane, dans la Maison de la culture Zeddour Brahim Elkacem d’Oran. Trois jours d’exposition, 31 photographies, et un inventaire du patrimoine vestimentaire qui traverse le pays du Nord au Sahara. L’événement s’inscrit dans le cadre du Mois du patrimoine. Il réunit autour d’un même projet la Maison de la culture d’Oran, le Centre d’interprétation à caractère muséal du costume traditionnel de Tlemcen, le groupe photographique Passion Photo et l’association Miftah El Kheir. Le résultat est une exposition qui donne à voir, côte à côte, des tenues féminines et masculines issues de wilayas très différentes : blouse oranaise, blouse du Bey, haïk, melhfa naïlie, habits de Kabylie, d’Alger, du Sahara. Du côté masculin, burnous, sarouel, chemlal, kachabia, abaya, djellaba et deraa saharien composent un panorama vestimentaire rarement réuni en un seul espace. Le Dr Bentoumi Redouane, cadre au Centre de Tlemcen, décrit ces photographies comme une « mallette muséale » — une formule qui dit bien l’ambition du projet : non pas une simple exposition esthétique, mais un outil de documentation et de transmission. Les clichés sont accompagnés d’une brochure intitulée Le premier éclat, réalisée par le centre, qui détaille l’histoire et les spécificités de chaque tenue. « L’organisation de cet événement vise à valoriser et promouvoir le costume traditionnel algérien au niveau local, à travers divers supports d’exposition », a-t-il précisé. Une conférence qu’il animera en marge de la manifestation prolongera cette réflexion, portant sur « le rôle du centre d’interprétation dans la préservation et la valorisation du patrimoine ». L’association Miftah El Kheir a de son côté organisé une exposition parallèle entièrement consacrée aux costumes oranais, ancrant l’événement dans la mémoire locale de la ville. L’ensemble de la manifestation restera ouvert jusqu’à la fin du week-end.
Ce que ces journées rappellent, sobrement, c’est que le costume traditionnel algérien n’est pas un objet figé de musée. C’est une archive vivante, cousue de régions, de siècles et de savoir-faire que la photographie, ici, choisit de traiter avec la dignité qui leur revient.
M.S.

