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Il offre à Al-Ahli sa deuxième couronne asiatique consécutive : Mahrez, une carrière en titres

À 35 ans, le capitaine des Fennecs continue de collectionner les titres avec une régularité qui force le respect.

Samedi soir à Djeddah, Riyad Mahrez a soulevé une deuxième fois consécutive le trophée de la Ligue des champions d’Asie. Al-Ahli Saudi FC a battu les Japonais de Machida Zelvia 1-0 après prolongation, au terme d’une finale âpre et longtemps indécise. Le capitaine des Verts a été, comme souvent dans les grands rendez-vous, l’un des hommes du match — actif, tranchant, capable de faire la différence là où le jeu se bloque. À 35 ans, l’Algérien continue de collectionner les titres avec une régularité qui force le respect. La rencontre n’a pas été un récital. Face à un bloc japonais discipliné, bien organisé défensivement, Al-Ahli a dû s’armer de patience. Mahrez a multiplié les initiatives dans son couloir, cherchant à déstabiliser une défense de Machida qui tenait bon. Le but décisif, inscrit en seconde période, est venu récompenser la domination progressive des Saoudiens, plus mordants au fur et à mesure que les minutes avançaient. La prolongation a entériné ce que le temps réglementaire avait esquissé : Al-Ahli était la meilleure équipe sur le terrain ce soir-là.

Ce sacre n’est pas un accident. Il confirme la place du club de Djeddah parmi les places fortes du football asiatique, et il dit aussi quelque chose sur Mahrez lui-même. Avec quatre buts et deux passes décisives lors de cette édition de la compétition, il a pesé sur le parcours des siens de manière concrète, pas seulement symbolique. Son rôle dépasse celui du joueur expérimenté qu’on sort du banc pour gérer les fins de match — il est toujours un acteur central, un joueur qui influence le résultat.

Pour comprendre ce que représente ce deuxième titre asiatique, il faut replacer Mahrez dans la trajectoire qui l’a conduit jusqu’ici. Tout a commencé loin des projecteurs, dans le nord de Paris, à Quimper, puis à Sarcelles. Transféré en Angleterre, lorsqu’il signe à Leicester City, le club végète en Championship. Il participe à la montée en Premier League, puis accomplit avec les Foxes ce que personne n’avait anticipé : le titre de champion d’Angleterre en 2016, sans doute l’exploit le plus improbable de l’histoire moderne du football. Cette saison-là, Mahrez inscrit 17 buts et délivre 10 passes décisives en 37 matchs. Il est élu meilleur joueur du championnat. Un joueur issu du football amateur français venait de terrasser Chelsea, Arsenal et Manchester City dans la course au titre.

Manchester City l’a recruté pour confirmer, pas pour prouver. Sous Pep Guardiola, dans un collectif parmi les plus exigeants d’Europe, il s’est imposé comme un élément fiable des grands soirs. Son nom est gravé au palmarès de la Ligue des champions 2023, première de l’histoire du club. Il a contribué à cette campagne avec 3 buts et 2 passes décisives, dont des réalisations importantes dans les phases décisives. Ce n’était pas le Mahrez des grandes statistiques — c’était le Mahrez des grands matchs.

Le chapitre saoudien aurait pu ressembler à une retraite dorée. Il s’est révélé être autre chose. Lors de la première édition remportée par Al-Ahli, Mahrez a signé 9 buts et 8 passes décisives en 13 matchs. Des chiffres qui rappellent ceux de Leicester — le même joueur capable de décider seul d’une compétition quand les conditions s’y prêtent. La défense du titre cette saison confirme qu’il ne s’agissait pas d’un feu de paille.

Avec l’Algérie, la page la plus forte reste la CAN 2019. Ce coup franc inscrit contre le Nigeria dans le temps additionnel des demi-finales — une frappe parfaite qui envoie les Fennecs en finale et met fin à 29 ans d’attente — résume mieux que tout ce que Mahrez est capable de faire sous pression. Il n’a pas seulement marqué ce soir-là. Il a délivré tout un pays. L’Algérie a ensuite soulevé le trophée, et Mahrez en est ressorti comme le leader technique et mental d’une génération qui avait tout pour réussir et qui a tenu sa promesse.

Ce deuxième sacre asiatique ajoute donc une ligne à un palmarès déjà rare : champion d’Angleterre, vainqueur de la Ligue des champions européenne, champion d’Afrique, et maintenant deux fois champion d’Asie. Peu de joueurs de sa génération peuvent aligner des titres majeurs sur autant de continents et dans autant de clubs différents. Ce qui rend la trajectoire de Mahrez singulière, ce n’est pas seulement l’accumulation — c’est la cohérence. À chaque étape, dans chaque contexte, il a trouvé le moyen d’être décisif quand ça comptait vraiment.

À Djeddah, samedi soir, il a encore fait ce qu’il sait faire depuis Leicester : gagner là où personne ne l’attendait forcément, et rendre ça presque normal.

Moncef D.

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