Oum El-Bouaghi : Des élus et responsables de l’APC d’El Harmilia sous contrôle judiciaire
Plusieurs responsables de la commune d’El Harmilia dans la wilaya d’Oum El-Bouaghi, dont l’ancien et l’actuel président de l’APC, ont été placés sous contrôle judiciaire par le juge d’instruction près la première chambre pénale du tribunal de Meskiana, pour des soupçons de corruption, d’abus de fonction et de détournement de deniers publics. L’enquête, toujours en cours, pourrait concerner près de 65 personnes. Selon des informations émanant d’une source judiciaire, parmi les personnes visées figurent (Ch.Kh), ancien président de l’Assemblée populaire communale (APC), et (Ch.K), président en exercice. D’autres élus et fonctionnaires de la même assemblée font également l’objet de poursuites, notamment le responsable du parc communal, des membres de la commission des affaires sociales — dont son président, son vice-président et un membre —, un adjoint au P/APC chargé de la commission des finances, ainsi qu’un ancien responsable du guichet unique. Les mis en cause font face à plusieurs chefs d’accusation : abus de fonction, détournement de fonds publics et attribution de marchés douteux. L’enquête judiciaire, qui se poursuit cette semaine, devrait concerner près de 65 personnes, entre témoins et accusés, selon les mêmes sources.
L’affaire a été instruite par la brigade de recherches et d’investigations relevant du groupement territorial de la Gendarmerie nationale, sur instructions du parquet. Elle remonte à près de trois ans, après le dépôt d’une plainte dénonçant des irrégularités dans la gestion des affaires de la commune d’El Harmilia, relevant de la daïra d’Aïn Kercha. La plainte fait état de plusieurs dépassements, notamment le détournement de matériels appartenant au parc communal, dont la disparition d’équipements informatiques et de climatiseurs. D’autres anomalies ont été relevées au sujet d’un projet de lotissement au centre-ville : une autorisation modificative aurait été délivrée sans passer par les services du cadastre, avec une modification du nombre de bénéficiaires. Des soupçons de manipulation ont également été soulevés dans la distribution du couffin de Ramadhan, une aide sociale de l’État dont auraient bénéficié des personnes extérieures à la commune, voire originaires d’autres wilayas — dont certaines de la wilaya de Biskra —, ainsi que des proches et des épouses de fonctionnaires de l’APC d’El Harmilia.
Alors que l’instruction suit son cours, cette affaire met en évidence de possibles dysfonctionnements dans la gestion locale et relance la question du contrôle et de la transparence au sein des collectivités locales. À suivre.
Sofia Chahine

