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Organisation des législatives : 23,4 milliards de dinars mobilisés

Le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports a engagé une enveloppe de 23 milliards et 493 millions de dinars pour couvrir l’ensemble des dépenses liées à l’organisation des élections législatives du 2 juillet prochain. Une somme répartie entre services centraux et administrations déconcentrées au niveau des wilayas, destinée à financer toutes les phases de l’opération électorale depuis la convocation du corps électoral. C’est ce qu’a révélé lundi Noureddine Guellal, directeur général des Finances et des Moyens au ministère, lors d’une intervention sur les ondes de la Radio nationale.

Noureddine Guellal a tenu d’emblée à rappeler l’évolution du cadre juridique qui régit l’organisation des scrutins en Algérie. Avant la Constitution de 2020, c’est le ministère de l’Intérieur qui prenait en charge l’intégralité du processus électoral. La promulgation de ce texte fondamental a conduit à la création de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), à qui a été confiée la mission de supervision et d’organisation. Mais au bout de quatre ans d’expérience, des « problèmes logistiques » ont été identifiés, ce qui a conduit le législateur à revoir cette répartition des tâches.

C’est ainsi que la loi organique n° 26-05 du 4 avril 2026 est venue clarifier les responsabilités de chacun : le ministère de l’Intérieur « est chargé exclusivement de la prise en charge des aspects logistiques du processus électoral », tandis que l’ANIE conserve « la supervision totale du déroulement de l’opération électorale ». Une distinction que M. Guellal a pris soin de souligner, afin de dissiper toute ambiguïté sur un éventuel retour du ministère dans la conduite politique du scrutin. Le responsable a précisé que ce choix repose sur « l’expérience et la compétence » accumulées par le ministère en matière logistique, sans que cela n’empiète sur les attributions de l’ANIE.

Un dispositif logistique complet déployé sur le terrain

Sur le plan opérationnel, le directeur général des Finances et des Moyens a indiqué qu’en application des instructions du ministre Saïd Sayoud, « tous les moyens matériels liés au déroulement de ce scrutin ont été mobilisés ». Cela couvre l’aménagement des sièges, l’équipement des centres et bureaux de vote, mais aussi le transport et le stockage des bulletins de vote, ainsi que l’ensemble des moyens logistiques nécessaires au bon déroulement de l’échéance.

Pour assurer le suivi de ces préparatifs, « des commissions d’inspection centrales ont été dépêchées dans plusieurs wilayas, y compris les nouvellement créées », a précisé M. Guellal. Ces commissions ont notamment veillé à l’aménagement et à l’équipement des sièges de l’ANIE dans ces nouvelles entités administratives, à leur raccordement aux réseaux de télécommunications, ainsi qu’à l’affectation de salles d’opérations et de locaux de stockage. Des réunions de coordination ont par ailleurs été organisées avec les autorités locales et les cadres de l’administration, en présence des représentants des délégations de wilaya de l’ANIE.

Le responsable a également précisé que cinq marchés ont été conclus avec des entreprises publiques pour couvrir les besoins opérationnels du scrutin, dont l’ANEP, Air Algérie et l’Imprimerie officielle. La question des nouvelles wilayas a été particulièrement soulignée. Les « autorités supérieures du pays ont veillé à ce que les wilayas nouvellement créées participent aux législatives en tant que wilayas à part entière », et le ministère a œuvré à concrétiser cet objectif sur le terrain, a souligné le même responsable.

Rééquilibrer le développement local

Au-delà de l’organisation du scrutin, M. Guellal a abordé les efforts déployés par son ministère pour corriger les déséquilibres qui ont longtemps marqué le développement local en Algérie. Il a reconnu l’existence de « dysfonctionnements et de déséquilibres » enregistrés dans le passé, aussi bien entre wilayas qu’entre communes d’une même wilaya, notamment en matière de financement et de hiérarchisation des projets.

Pour y remédier, le ministère a mis en place, selon lui, « des mécanismes plus efficaces et plus performants » pour soutenir le développement de proximité. En 2025, dans le cadre du programme de soutien au développement économique et social, une enveloppe de 268 milliards de dinars a été mobilisée, permettant l’inscription de 18 261 opérations de développement de proximité. À cela s’ajoutent 156 milliards de dinars alloués via le Fonds de solidarité et de garantie des collectivités locales.

M. Guellal a également évoqué l’élaboration d’une stratégie nationale de soutien à l’activité économique, dont l’ambition déclarée est de permettre aux collectivités locales de « se passer des subventions » de l’État central, en diversifiant leurs sources de financement et en développant l’autofinancement grâce à la promotion de l’investissement local et à l’extension des zones d’activités. Il a par ailleurs mis en avant « le rythme accéléré » de réalisation des sièges des nouvelles wilayas et de leurs directions exécutives, afin de les mettre en capacité d’exercer pleinement leurs prérogatives dans les meilleurs délais.

Hocine Fadheli

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