Plus de 9 tonnes de kif et près de 160 kilos de cocaïne incinérés : L’ANP fait front face au narcotrafic
Les chiffres donnent le vertige. Dimanche à Chlef, siège de la 1re Région militaire, les autorités ont procédé à la destruction de quantités massives de stupéfiants et de substances psychotropes saisis ces derniers mois sur l’ensemble du territoire national. L’opération, annoncée par le ministère de la Défense nationale dans un communiqué officiel, réunit en un seul acte le travail de quatre corps : l’Armée nationale populaire, la Gendarmerie nationale, la Sûreté nationale et les Douanes algériennes. Le bilan est sans ambiguïté : 9.121 kilogrammes et 500 grammes de kif traité, 159 kilogrammes et 153 grammes de drogues dures — cocaïne et héroïne — et 10.582.389 comprimés psychotropes ont été détruits en une seule journée.
Rien n’a été laissé au hasard dans le déroulement de l’opération. Selon le communiqué du MDN, «la veille, toutes les quantités saisies au niveau des centres de regroupement ont été rassemblées, pesées et inventoriées par les services de la police judiciaire représentés par les autorités judiciaires, la Gendarmerie nationale et la Sûreté nationale, avant d’être transportées sous escorte vers les usines concernées par l’opération d’incinération et de destruction, où les scellés ont été ouverts et les saisies inventoriées, pour entamer ensuite le processus de destruction de ces drogues, conformément aux techniques et normes légales, et dans le respect des mesures de sécurité et de protection de l’environnement».
La commission régionale chargée de la destruction a supervisé l’ensemble du processus «sous la présidence du Procureur général près la Cour de Chlef», en présence des autorités civiles, judiciaires et sécuritaires locales et régionales. Un dispositif qui exclut toute marge d’irrégularité, du moins dans sa forme.
Le MDN ne se contente pas de décrire une opération logistique. Son communiqué porte un message politique explicite. La destruction de dimanche «dénote de l’efficacité de la stratégie nationale de lutte contre ce phénomène et des efforts considérables déployés par les unités de l’Armée nationale populaire et les différents services de sécurité pour faire face à ce fléau dangereux qui menace notre société, notre sécurité nationale et notre économie, et pour contrecarrer toutes les tentatives visant à inonder notre pays de ces substances toxiques».
La formulation est calibrée : elle s’adresse autant à l’opinion publique nationale qu’aux réseaux de trafic qui continuent d’utiliser le territoire algérien comme couloir de transit ou comme marché cible. Plus de dix millions de comprimés psychotropes détruits en une seule opération régionale — et ce n’est qu’une fraction de ce qui circule.
La lutte contre le narcotrafic reste l’un des axes prioritaires de la coopération sécuritaire interservices en Algérie. Les résultats sont visibles. La pression sur les frontières, notamment avec le Maroc à l’ouest, demeure constante.
Malik Meziane

