Transparence du scrutin lors des Législatives du 2 juillet : Tebboune fixe les règles du jeu
À moins de deux mois des élections législatives du 2 juillet prochain, le président de la République a tenu à dissiper tout doute sur la régularité du scrutin à venir. Lors de son entrevue périodique avec les représentants des médias nationaux, diffusée samedi soir sur les chaînes publiques de télévision et de radio, Abdelmadjid Tebboune a dressé un état des lieux sans ambiguïté du processus électoral, mêlant bilan des acquis institutionnels et avertissements fermes à l’adresse de quiconque serait tenté de corrompre le scrutin.
Le chef de l’État a d’emblée voulu clore le débat sur la crédibilité des élections en Algérie. Depuis la création de l’Autorité nationale indépendante des élections, a-t-il affirmé, «le terme de fraude électorale n’a plus cours et ne figure plus dans le vocabulaire politique des Algériens». Une affirmation qui vaut bilan autant que programme. L’ANIE, a-t-il rappelé, s’inscrit dans une politique délibérée de l’État visant à «éviter toute suspicion pouvant entacher l’intégrité du processus électoral». Pour lever toute équivoque sur un éventuel chevauchement entre les prérogatives de l’administration et celles de l’autorité électorale, Tebboune a été précis : «La réponse à toute préoccupation concernant un éventuel chevauchement entre les prérogatives de l’administration et celles de l’ANIE ne peut être que d’ordre juridique.» Il a par ailleurs révélé avoir soumis des propositions au président de l’ANIE portant sur «le recours, sur le plan matériel, aux institutions existantes telles que la commune ou la wilaya pour l’organisation des élections», en précisant que cela «se limite à l’aspect matériel et non juridique, sans porter atteinte à l’essence même des élections».
Argent sale : la mise en garde !
Sur la question de l’argent sale, qui empoisonne les débats à chaque cycle électoral, le ton a été sans détour. Interrogé sur les informations faisant état d’achats de cartes d’adhérent et de tractations autour des investitures au sein de partis politiques, le président a répondu par une mise en garde directe : «Toute personne dont l’implication est avérée fera face à des poursuites pénales pouvant entraîner la suspension, la révocation, le retrait de confiance et la levée de l’immunité par le biais de la Cour constitutionnelle.» Puis, dans une formule qui ne laisse aucune marge à l’interprétation : «La loi est claire et sera appliquée à tous. Nul n’est au-dessus de la loi.» La transhumance politique, autre pratique qui défigure la vie partisane, est également dans le viseur. «Toute tentative de porter atteinte à l’intégrité des élections se heurtera à la loi», a-t-il averti. «Nous œuvrons à bâtir un État inébranlable, fondé sur des bases solides.» Sur la participation des femmes à la vie politique, Tebboune a tenu un propos qui tranche avec le discours habituel sur les quotas. Il a estimé que «l’instauration de quotas pour la représentation féminine pourrait être contreproductive», préférant une approche méritocratique : «L’accès des femmes au champ politique doit reposer sur leurs idées et leurs capacités à développer la société.» Et d’aller plus loin en répondant par l’affirmative à la question de savoir si une femme pouvait accéder au poste de Premier ministre : «Une femme au poste de Premier ministre, pourquoi pas !» Une ouverture symboliquement forte, à condition que la compétence soit au rendez-vous.
Le message global de cette séquence est cohérent : les législatives du 2 juillet se tiendront dans un cadre institutionnel consolidé, avec une tolérance zéro pour la corruption électorale et une justice que le président présente comme seul arbitre légitime.
Hocine Fadheli

