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AADL 3 : Les premiers logements livrés d’ici la fin de l’année

Près d’un million de souscripteurs ont payé la première tranche. Les premières remises de clés sont annoncées avant la fin 2026. Le ministre de l’Habitat a choisi Batimatec pour faire le point — et pour envoyer un autre message, sur le béton algérien et les startups du bâtiment.

Le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Mohamed Tarek Belaribi a ouvert dimanche la 28e édition de Batimatec avec un chiffre en poche : 950 000. C’est le nombre de ménages algériens ayant déjà réglé la première tranche du programme location-vente AADL 3, selon la déclaration qu’il a faite à la presse en marge de la cérémonie d’inauguration. Et derrière ce chiffre, une promesse : les premières livraisons de logements interviendraient «avant la fin de l’année en cours dans certaines wilayas».

Pour un programme lancé en décembre 2025 seulement — date du premier appel au paiement électronique — le rythme de souscription est, sur le papier, significatif. L’opération s’est déroulée en deux temps : une première partie de la tranche en décembre, une deuxième en avril. Le montant de cette tranche initiale a été fixé à 343 000 dinars pour un F3 et à 431 500 dinars pour un F4, payables donc en deux versements. Selon Belaribi, l’opération se déroule «normalement», et environ 130 000 logements AADL 3 sont actuellement en cours de réalisation.

Le chiffre de 950 000 souscripteurs ayant honoré leur première tranche est frappant. Il traduit une demande de logements qui n’a jamais faibli en Algérie — et une certaine confiance de la population dans le dispositif AADL, malgré les retards accumulés lors des éditions précédentes.

La 28e édition du Salon international du bâtiment, des matériaux de construction et des travaux publics, organisée du 3 au 7 mai par Algeria Exhibitions — filiale du groupe SAFEX — sous le patronage du ministère de l’Habitat, rassemble cette année 950 exposants nationaux et étrangers, soit une participation présentée comme record. Une quinzaine de pays sont représentés — Chine, Turquie, Italie, Espagne, Portugal notamment — et 40 startups algériennes du bâtiment ont fait leur entrée dans les allées du Palais des expositions.

Objectif : réaliser des logements 100% algériens

C’est ce dernier point qui a occupé une large part du discours de Belaribi. «Atteindre l’objectif de réaliser un logement 100% algérien est un choix fondamental», a-t-il affirmé, insistant sur l’intégration des entreprises innovantes et des startups dans la dynamique du secteur : «Le champ est ouvert aux startups pour proposer des solutions innovantes dans le domaine de la construction.» Le ministre a visité plusieurs stands, dont celui d’une jeune pousse ayant développé une plateforme de contrôle à distance des climatiseurs — un exemple qu’il a salué comme une illustration concrète de ce que peut apporter l’innovation locale au bâtiment. Sur les matériaux de construction, le ton était plus affirmé. Les produits algériens «rivalisent avec les produits étrangers sur les marchés extérieurs», a-t-il déclaré, citant les performances des grands groupes industriels publics comme Cosider ou le Groupe industriel des ciments d’Algérie (GICA). «Les matériaux de construction algériens, dans leur diversité, connaissent un développement notable en termes de qualité», a insisté le ministre, dans ce qui ressemble moins à un bilan qu’à un cap.

Noureddine Ouadah, ministre de l’Économie de la connaissance, des Startups et des Micro-entreprises, présent à l’inauguration, a complété ce message. Les startups et les micro-entreprises «jouent un rôle central dans la recherche de solutions innovantes pour les différents secteurs, ainsi que dans l’augmentation du taux d’intégration nationale», a-t-il dit. Et d’ajouter que «la numérisation est devenue incontournable», voyant dans les entreprises innovantes un moyen d’accéder à une technologie maîtrisée localement — y compris dans la construction.

Il y a une cohérence dans ce discours double : AADL 3 d’un côté, innovation et intégration locale de l’autre. Le programme de logements publics reste le poste de consommation le plus massif de matériaux de construction en Algérie. Si une fraction seulement de cette demande est absorbée par des produits et des technologies locales, l’effet d’entraînement sur la filière nationale peut être considérable. C’est exactement ce que Belaribi semble vouloir construire — une politique du logement qui soit aussi une politique industrielle.

Batimatec prévoit par ailleurs un programme de conférences sur les défis environnementaux du bâtiment, les émissions de carbone dans l’industrie des matériaux et le financement de l’innovation. La troisième édition du concours INNOV BAT sera organisée en marge du salon, avec pour ambition de «stimuler l’innovation dans les techniques de construction» et d’«encourager la recherche de solutions adaptées à la réalité et à la géographie algériennes».

Samir Benisid

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