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La première récolte céréalière pilote lancée lundi à Adrar : « Baladna » sème l’orge et promet du lait

Trois cents hectares d’orge moissonnés sous les pivots du désert, 30 000 vaches américaines attendues par pont aérien, 1,17 milliard de dollars de contrats engagés en moins d’un an : le projet algéro-qatari « Baladna » est entré, lundi à Tamest, dans sa phase concrète avec le lancement de la première campagne de récolte céréalière de son histoire.

C’est une première récolte symbolique autant qu’opérationnelle. La campagne de moisson d’orge ouverte lundi dans la commune de Tamest, au sud de la wilaya d’Adrar, porte sur 300 hectares irrigués sous-pivot et constitue, selon le président du conseil d’administration de Baladna-Algérie, Ali Al-Ali, « la première phase d’un projet qui prévoit aussi d’autres superficies pour les cultures fourragères ». Le wali d’Adrar, Fodil Douifi, a mobilisé moissonneuses et camions pour acheminer la récolte vers les structures de stockage, soulignant « la grande importance accordée par les hautes autorités du pays à ce projet stratégique ». Le projet est né d’un accord-cadre signé fin avril 2024 entre Alger et le groupe qatari Baladna, qui a pour objectif de transformer une étendue de Sahara aride en une ferme de 24 000 vaches, avec pour finalité l’autosuffisance laitière du pays en moins d’une décennie. La joint-venture algéro-qatarie est détenue à 51 % par la partie qatarie et à 49 % par le Fonds national d’investissement (FNI), avec un financement conjoint associant fonds propres et crédits de banques algériennes. L’ambition affichée : couvrir 50 % des besoins nationaux en lait en poudre et créer plus de 5 000 emplois directs sur une superficie de 117 000 hectares, organisée en trois pôles intégrant céréaliculture, élevage bovin et production industrielle de lait en poudre.

Le chantier a franchi un cap décisif en juillet 2025 avec la signature de quatorze premiers contrats pour plus de 500 millions de dollars, confiant notamment à l’allemand GEA Technologies la conception de l’usine et des unités d’élevage. Le 23 avril dernier, un deuxième lot de contrats d’une valeur globale dépassant 635 millions de dollars a été paraphé à Alger, en présence du ministre de l’Agriculture Yacine El-Mahdi Oualid et de l’ambassadeur du Qatar Abdelaziz Ali Al-Naama. Ce second round couvre les travaux de génie civil, la centrale à béton, les infrastructures d’hébergement et, surtout, le volet cheptel. À partir de novembre 2026, un pont aérien acheminera 30 000 vaches laitières en provenance de neuf États américains sur une période de dix mois.

Le projet se déploie en trois phases, dont la première prévoit l’aménagement de 100 000 hectares, l’installation de 700 pivots d’irrigation et la mise en service d’une première usine. La moisson d’orge de ce lundi en est la première manifestation tangible, même à petite échelle. Ali Al-Ali évoque un « progrès tangible », le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement Omar Rekkache parle quant à lui d’un passage effectif « de la planification à l’exécution ». Des formules qui résument l’enjeu : après des années d’annonces, Baladna doit maintenant livrer.

Sabrina Aziouez

admin

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