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L’Algérie définit son approche pour la sécurité et la paix en Afrique : Des acteurs extérieurs attisent le feu !

Le Général d’Armée Saïd Chanegriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, Chef d’État-Major de l’Armée nationale populaire, a présidé lundi au Cercle National de l’Armée à Béni-Messous l’ouverture d’un séminaire national consacré à « L’approche algérienne pour la construction de la sécurité et de la paix en Afrique ». L’objectif affiché de cette rencontre est de définir les grandes lignes d’une proposition algérienne pour l’architecture de la paix et de la sécurité sur le continent.

Dans son allocution d’ouverture, le Général d’Armée a livré une lecture directe de la situation sécuritaire en Afrique, en désignant explicitement la responsabilité d’acteurs étrangers dans la déstabilisation du continent. « Les crises sécuritaires en Afrique ne résultent plus seulement de facteurs internes, mais sont désormais façonnées par des agendas extérieurs qui ont fait de certaines crises africaines des arènes ouvertes à la recomposition des rapports de force et d’influence, où se croisent des considérations de puissances, de ressources et de positions stratégiques dans un affrontement silencieux dans son apparence, profond dans ses enjeux et multidimensionnel dans ses outils », a-t-il déclaré. Le Chef d’État-Major a porté l’analyse plus loin en pointant les mécanismes précis par lesquels cette ingérence opère. « Ce paysage se complique davantage dans les zones à haute sensibilité géopolitique, où des acteurs extérieurs instrumentalisent les conflits internes pour exploiter la fragilité structurelle des États et ce qu’elle induit en clivages politiques, afin de remodeler les réalités, que ce soit par la création d’entités parallèles, ou en attisant des desseins séparatistes, ou encore en conférant une légitimité au fait accompli, dépourvu de tout consensus national ou régional », a-t-il ajouté.

Face à ce constat, le séminaire vise à formuler une réponse structurée. Le Général d’Armée a indiqué que « dans ce contexte, nous cherchons, à travers ce séminaire, à définir les grandes lignes d’une proposition d’approche algérienne pour l’architecture de la paix et de la sécurité en Afrique, fondée sur des principes clairs et une vision cohérente et intégrée des relations africaines ». Cette démarche, selon le communiqué du ministère de la Défense nationale, « s’inscrit pleinement dans les orientations majeures de la politique étrangère algérienne, notamment dans sa dimension africaine ».

Ce séminaire intervient au moment ou de nombreux conflits affectent plusieurs pays africains, notamment au Sahel, bloque le développement de ces pays, et menacent la sécurité de leurs populations ainsi que leur intégrité territoriale. Il intervient au moment où le Mali voisin fait face à une grave grise politico-sécuritaire, marquée par une offensive conjointe de groupes terroristes liés à Al-Qaïda et des groupes du front de l’Azawad, dans un contexte marqué par une multiplication des ingérences étrangères dans ce pays, dont les fondements sont aujourd’hui menacés.

Le niveau de représentation à ce séminaire traduit l’importance que les autorités accordent à cet exercice. Le Premier ministre était présent aux côtés du secrétaire général de la Présidence de la République, de plusieurs membres du gouvernement et de conseillers de la Présidence. L’institution militaire était représentée à son plus haut niveau avec la présence du Général de Corps d’Armée commandant les Forces terrestres, des commandants des Forces et de la Garde républicaine, du Directeur de cabinet auprès du ministre de la Défense nationale, du commandant de la Gendarmerie nationale, du commandant de la 1ère Région Militaire, des chefs de départements, du Contrôleur général de l’Armée et des directeurs centraux du ministère de la Défense nationale et de l’État-major de l’ANP. Des hauts fonctionnaires et des experts participent également aux travaux.

L’Algérie, qui dispose d’une expérience reconnue en matière de lutte antiterroriste et de médiation dans les conflits régionaux, entend ainsi formaliser une approche qui lui est propre pour contribuer à la stabilité du continent. Le séminaire de Béni-Messous constitue, à cet égard, la première étape d’une démarche qui se situe au croisement de la politique de défense et de la diplomatie algérienne en Afrique. Cette initiative vise à proposer une approche globale et intégrée, prenant en compte les réalités politiques, sécuritaires et socio-économiques du continent.

Salim Amokrane

admin

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