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Tebboune annonce de nouvelles mesures : La lutte contre le cancer, une priorité nationale

Un hôpital d’oncologie dans chaque wilaya, un pont médicamenteux renforcé et une coordination interministérielle inédite : le président de la République Abdelmadjid Tebboune a donné, dimanche lors du Conseil des ministres, une impulsion décisive à la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre le cancer à l’horizon 2035, élevant la question cancérologique au rang de chantier d’État. La réunion du Conseil des ministres du 3 mai a consacré un volet entier à ce dossier de santé publique. Le chef de l’État a enjoint « d’adopter une approche nationale globale, reposant sur la prévention, le dépistage précoce et l’efficacité thérapeutique, d’autant plus que l’Algérie assure une prise en charge et des soins gratuits ». Une formule qui résume à la fois l’ambition de l’État et le principe de gratuité des soins anticancéreux, acquis que le président de la République a tenu à rappeler expressément.

La mesure la plus structurante annoncée lors de ce Conseil concerne l’infrastructure hospitalière. Tebboune a ordonné « le renforcement des capacités des structures sanitaires et l’amélioration de la prise en charge des patients à travers les différentes wilayas du pays, avec l’élaboration d’une étude pour la réalisation d’un hôpital d’oncologie dans chaque wilaya ». L’Algérie compte aujourd’hui 21 centres spécialisés dans le traitement du cancer, un chiffre jugé insuffisant au regard de la progression épidémique : le pays enregistre désormais plus de 60 000 nouveaux cas par an, un volume qui met sous pression des structures conçues pour une charge bien moindre.

Sur le volet médicamenteux, le président a demandé au gouvernement de « mettre en place un dispositif de supervision et de suivi de la disponibilité et de la distribution des médicaments anticancéreux, en vue d’une exploitation optimale des capacités thérapeutiques ». Les ruptures ponctuelles de certains traitements oncologiques, régulièrement signalées par les associations de malades, donnent à cette instruction une résonance particulière. Tebboune a également « réitéré ses orientations aux ministères du Commerce et de la Santé pour accélérer la mise en place de laboratoires de contrôle de toutes les marchandises qui entrent en Algérie au niveau des ports et des aéroports », élargissant ainsi la lutte anticancer à la régulation des importations de produits potentiellement dangereux. Il a conclu sur la nécessité d’« assurer une bonne coordination entre les différents secteurs concernés pour le succès de cette stratégie à long terme ».

Ces annonces s’inscrivent dans un engagement présidentiel qui remonte au début du premier mandat de Tebboune et au cours duquel il a formulé la première stratégie nationale de lutte contre le cancer. En novembre 2023, il avait annoncé la création d’une instance nationale chargée d’arrêter une feuille de route anticancer, assortie d’une enveloppe de 70 milliards de dinars. C’est en février 2024 qu’un décret présidentiel a formellement institué la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer, présidée par le professeur Adda Bounjar. Cette commission, composée de six membres et appuyée par vingt-deux sous-comités constitués en février 2025, a présidé aux assises nationales des 2 et 3 mai 2025 à Alger, qui ont servi de socle à l’élaboration de la stratégie 2025-2035. Cette stratégie repose sur une approche intégrée, multidisciplinaire et centrée sur le patient, axée sur le renforcement des ressources humaines, le développement des infrastructures et la promotion de l’innovation thérapeutique.

Lyna Larbi

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